
École de RattanaKosin (1851-1910)

École de RattanaKosin (1851-1910)

Considèré comme un chef-d’œuvre du christianisme irlandais et de l’art irlando-saxon, il constitue malgré son inachèvement l’un des plus somptueux manuscrits enluminés ayant pu survivre à l’époque du Moyen-Âge.
En raison de sa grande beauté et de l’excellence technique de sa finition, le manuscrit est considéré par les spécialistes comme l’un des plus remarquables vestiges de l’art religieux médiéval.
Rédigé en langue latine le livre de Kells contient les quatre Evangiles du Nouveau Testament, ainsi que des notes liminaires et explicatives, l’ensemble étant accompagné de nombreuses illustrations et enluminures colorées.
Le manuscrit fait aujourd’hui l’objet d’une exposition permanente à la Bibliothèque du Trinity College de Dublin, en Irlande.
Alfred Sisley (1839-1899)
L’automne, bords de Seine près de Bougival
1873
Huile sur toile
Dim 46,2 x 62,1 cm
Conservé au musée des Beaux-arts de Montréal
Le peintre
Alfred Sisley naquit en France de parents anglais et grandi à Paris.
En 1857, son père l’envoya à Londres suivre une formation commerciale quatre années durant. Le jeune homme en profita pour visiter les musées londoniens et découvrir les grands maîtres du paysage anglais du XIXe : John Constable, Richard Bonington et Willian Turner. Ces peintres anglais allaient exercer par la suite une grande influence sur l’œuvre de Sisley.
Il est de retour à Paris en 1860. En 1861, Sisley intégra l’Ecole des Beaux-Arts de Paris où il étudia au sein de l’atelier du peintre suisse Charles Gleyre. Aux Beaux-Arts, Sisley rencontre Auguste Renoir, Claude Monet et Frédéric Bazille.
Ces peintres travaillent sur le motif, ils sortent de l’atelier pour aller peindre des paysages en plein air.
Dès ses débuts, Alfred Sisley se consacra à la peinture de paysage, près de Paris, à Marly, Louveciennes et Bougival.
Il fut influencé par les paysages sobres de Camille Corot et Charles-François Daubigny, et aussi par le réalisme de Courbet.
Jusqu’en 1870, Sisley partage son temps entre son atelier parisien et des séjours dans la campagne de l’Île de France.
Les œuvres de Sisley furent admises au Salon en 1866, 1868 et 1870.
Les impressions colorées de ses arbres et édifices ainsi que sa lumière changeante suscitèrent l’intérêt.
La guerre de 1870 opposant la France à l’Allemagne eut pour conséquence la ruine de la famille Sisley. Alfred Sisley passa d’un statut privilégié à celui d’artiste à la situation précaire.
Il effectue divers séjours en Angleterre, en Normandie et au pays de Galle.
En 1883, Paul Durand-Ruel lui consacra une exposition personnelle et lui acheta plusieurs toiles. Néanmoins l’intérêt à l’égard des œuvres de Sisley demeura faible.
Sisley passa les dernières années de sa vie à Moret-sur-loing, près de Fontainebleau. La campagne environnante lui inspirera des tableaux considérés aujourd’hui comme des chefs-d’œuvre, mais qui ne trouvait pas preneur à l’époque.
Ce n’est qu’après sa mort que le peintre fut reconnu comme l’un des plus grands impressionnistes. Il faudra attendre le XXe pour qu’il soit considéré comme l’un des grands paysagistes du XIXe.
Le tableau
Ce tableau a été exposé hors catalogue lors de la première exposition des peintres impressionnistes en 1874.
Acheté par le collectionneur canadien William Van Home, l’œuvre est conservée au musée des Beaux-Arts de Montréal au Canada depuis son legs en 1945 par Adeline Van Home, la fille de William Van Home.
Composition
Ce tableau est dominé par les couleurs.
C’est un embrasement d’une vue automnale.
Ce tableau restitue l’automne dans un cadre formel et des tonalités chromatiques en adéquation parfaite avec la saison.
Le ciel, la terre et l’eau.
L’eau de la Seine est transparente, changeante et belle.
Les maisons d’un village, un bateau et une silhouette, signe toujours discret de la présence des hommes et de leur activité.
Enfin la couleur d’un moment, une heure du jour, une saison, l’automne.
Au premier plan, une berge verdoyante couverte d’arbustes aux teintes de l’automne.
Au deuxième plan, la Seine, un embarcadère et un bateau. L’eau reflète les arbres au feuillage roux.
Au troisième plan, un bout de berge et la Seine qui forme une anse.
Des maisons bordent le rivage, puis encore des arbres au feuillage d’automne et une colline délimite l’horizon.
Le ciel occupe la moitié supérieure du tableau , sa couleur bleu pâle est encore voilée et atténuée par le blanc évanescent des nuages.
Le ciel contribue à donner de la profondeur et donne le mouvement par sa forme.
Le peintre a peint l’automne, les feuillages roux dominent la composition.
Il utilise quelques couleurs, presque sans contraste, selon le schéma du cercle chromatique de Chevreul.
La brise agite le feuillage.
Sisley peint les rouges d’or, les verts roussis, l’air vif se déplace et les feuilles frissonnent.
Son harmonie de tons est extraordinaire.
La rangée d’arbres renforce l’impression de profondeur.
Sisley sent et interprète la nature.
Sa touche est légère pour mieux apprivoiser les subtilités de l’atmosphère.
Sisley a pris possession des rives de la Seine et de ses eaux.
L’homme dans la barque fait preuve d’un calme et d’une sérénité qui contribue à éliminer toute tension chez le regardeur.
Ce tableau a un joli sourire mélancolique.
Octave Mirbeau en 1892 écrit : « …il improvisait des paysages avec une abondance admirable. C’était souriant, délicat et frais, d’une fraicheur délicieuse. Sa sensibilité très fine, très vibrante, se trouvait à l’aise parmi tous les spectacles de la nature ; elle en recevait des impressions multiples et vives.
Sisley comprenait les jolies lumières, la transparence des enveloppes aériennes, les mobilités et les métamorphose des reflets, l’agilité des mouvements… ».
Analyse
En avril 1874, la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs exposa ses œuvres au 35, boulevard des Capucines, dans l’ancien atelier du photographe Félix Nadar. Si un grand nombre de participants tombèrent dans l’oubli, quelques membres furent remarqués par la presse de l’époque, avant de se faire connaître sous le nom d’impressionnistes.
Jules Castagnary publie une critique dans laquelle il employa le terme
« impressionnisme » qualifiant les artistes d’ »impressionnistes » en ce sens qu’ils ne rendent non le paysage mais la sensation produite par le paysage.
Si l’impressionnisme désigne une philosophie picturale initiée, les tableaux exposés en 1874 revêtaient une grande diversité.
Cette exposition fut la première ; sept semblables déclarations d’indépendance vis à vis d’un jury conservateur et hiérarchisé allaient se tenir au cours des douze années suivantes et révéler certaines des œuvres les plus novatrices et audacieuses du XIXe.
Dans ce tableau Sisley sacrifie le détail à la couleur pour suggérer la saison.
Les arbres se parent d’orange et de brun roux flamboyant au centre de la composition.
Les couleurs sont rehaussées par le bleu presque complémentaire de l’eau.
Sisley travaille à Louveciennes et dans les environs depuis plus d’un an.
Avec sensibilité, dans ce tableau, il note la sobre harmonie des nuances de cette vision d’après-midi d’automne et parvient à en capter la chaude luminosité.
Ce tableau dépeint la rivière avec une attention particulière aux effets de lumière et aux reflets sur l’eau.
Fidèle aux principes de l’impressionnisme, Sisley s’en tient toujours à la peinture en plein air, s’attachant à rendre la sensation éprouvée sur le motif.
Amoureux des rives de la Seine, d’Argenteuil ou de Bougival, Sèvres et Port-Marly, aux environs de Moret-sur-loing, il a tant arpenté ces lieux qu’il les connaît par cœur et cherche à en dresser la cartographie picturale.
La poésie en plus.
Sisley doit sa réputation à la finesse de sa perception et de son rendu sur la toile, qu’autorisent une longue familiarité avec les endroits inlassablement parcourus, dépeints sous tous les angles.
Quand Durand-Ruel lui demande « des toiles claires » ou des petits formats, son œuvre change. Le peintre évolue dans la construction, le chromatisme, la facture de ses tableaux, modifie ses points de vue, jusqu’à tenter, presque au même moment que Monet, l’approche en série de L’Eglise de Moret (1893-94).
L’eau aide à exprimer la vie dans l’étendue, l’arbre l’exprime dans le temps.
Dans ce tableau, Sisley donne des harmonies d’arbres dans la nature ; ce sont des éléments essentiellement variés où s’inscrit l’automne et les heures, avec le chromatisme spécial de frondaisons.
Sisley a le don de faire circuler l’atmosphère dans les branchages des arbres.
C’est une sincérité d’impression absolue.
Camile Mauclair en 1904 écrit :
« C’est le peintre des ciels français qu’il exprime avec une vivacité et une souplesse admirables. Il a le sens des transparences de l’atmosphère. »
Gustave Geffroy en 1923 écrit « …Sisley a cherché à exprimer les accords qui règnent toujours, par tous les temps et par toutes les heures, entre les feuillages, l’eau et le ciel, et il y a réussi… »
Ce qui distingue Sisley de ses confrères,, c’est sa relation émotionnelle avec le tableau.
Ce tableau rempli de poésie et de sentiments, son caractère introverti parvient à s’exprimer dans une totale liberté et manifeste au mieux sa richesse intérieure.
Sisley accorde une attention particulière à l’espace.
Le ciel recouvre une grande partie de la toile, comme chez les peintres hollandais du XVIIe, afin de donner de la profondeur et de jouer sur toutes les nuances possibles de couleurs, d’ombre er de lumière induites par les conditions atmosphériques.
Dans ces paysages, Sisley restitue l’ambiance spécifique d’un lieu réel.
Dans sa jeunesse à Londres, il a admirer Constable, Turner et Bonington, puis en France, Corot et Courbet, Monet et Pissarro en particulier.
Ces influences combinées font de lui un grand paysagiste de l’impressionnisme du XIXe.
Il restera toujours fidèle à la peinture sur le motif.
Sisley cherche à restituer sa perception du paysage et non à en faire une représentation fidèle. Il s’attache à rendre la sensation éprouvée sur le motif.
Son tempérament réservé et solitaire s’accorde mieux aux mystères et au silence qu’à l’éclat des paysages ensoleillés et méditerranéens qu’affectionné Renoir.
À propos du ciel Sisley écrit au critique Tavernier : « le ciel ne peut pas n’être qu’un fond…je commence toujours une toile par le ciel ».
Chez Sisley l’ombre est une nuance, la couleur un souffle doux, la lumière une évidence.
Sisley comprend la transparence des enveloppes aériennes, les jolies lumières, les mobilités et les métamorphoses des reflets, l’agilité des mouvements.
Ce tableau est délicat, lumineux et frissonnant.
Sisley a le don de faire circuler l’atmosphère dans les branchages des arbres.
Conclusion
Si Alfred Sisley réalisa quelques natures mortes et scènes de genre, l’apport principal du peintre à la peinture occidentale du XIXe réside dans ses paysages d’Île de France.
Alfred Sisley est l’un des impressionnistes les plus prolifique. Il est aussi paradoxalement le moins connu. Seules ses œuvres parlent pour lui.
Ses peintures, sans cesse prises sur le motif, dessinent le chemin parcouru par le peintre, un chemin avec la Seine en toile de fond. La figure humaine apparait dans ses tableaux sous forme de silhouette.
L’œuvre met en pleine lumière le génie de Sisley. Sa biographie, c’est sa peinture.
Influencé par Constable et Turner d’une part, et Corot et Daubigny d’autre part, Alfred Sisley combina ses influences diverses et donna corps à une œuvre à l’atmosphère vaporeuse et aux effets de lumière chatoyants.
Bougival et ses environs ont inspiré Sisley, peintre impressionniste qui a capturé les paysages des berges de la Seine.
Sisley a peint :
L’automne, bords de Seine près de Bougival , Bateaux à l’écluse de Bougival -1873, L’automne : La Seine à Bougival -1876,
La maison des Eclusiers sur l’île Gautier -1873, La Machine de Marly -1873
À Matisse qui lui demande de citer le peintre qui à ses yeux représente l’impressionnisme, Pissarro répond sans hésiter : Sisley.
Fidèle jusqu’à la fin de sa vie aux principes qui furent à l’origine du mouvement, Sisley persiste dans sa préférence exclusive pour le travail direct sur le motif.
Sisley ne parvient pas à sortir d’une ombre où il s’enfonce jusqu’à sa mort, voyant « successivement toutes les joies l’abandonner (dit le critique Arsène Alexandre), sauf la joie de peindre, qui ne le quitta jamais ».
Les œuvres d’Alfred Sisley sont principalement exposées en France : Musée d’Art Moderne André Malraux au Havre, Musée du Louvre et Musée d’Orsay à Paris, Musée des Beaux-Arts de Rouen.
Source
Alfred Sisley, poète de l’impressionnisme. Musée des Beaux-Arts de Lyon 10 octobre 2002 au 6 janvier 2003.




Peinture murale, chapelle Buddhaisawan
Ecole de Rattanakosin, fin du XVIIIe
Conservé au Musée national de Bangkok

Conservé au musée d’Art d’Asie orientale à Berlin

