George Stubbs (1724- 1806)
Pur sang arabe, propriété de Lord Grosvenor, avec un palefrenier
1765
Huile sur toile
Dim 99,3 x 85,3 cm
Conservé au Kim Bell Art Museum; Forth Worth, Texas
Le peintre
Autodidacte, fils d’un maroquinier, le peintre a commencé sa carrière comme graveur puis s’est tourné vers la peinture. Il manifeste son talent à représenter les chevaux dans l’anatomie rendue avec force détails, ainsi que dans la robe lumineuse de l’animal dont la couleur offre un contraste saisissant avec le gris et le vert du paysage et du ciel.
George Stubbs, comme Ingres voulait être reconnu pour sa peinture d’histoire et non pour ses portraits dessinés, Stubbs se rêvait peintre d’histoire davantage que de chevaux.
À la fin de 1740, il devient portraitiste dans le nord de l’Angleterre en étudiant en parallèle l’anatomie au York County Hospital (entre 1745 et 1751). Depuis son plus jeune âge, il est passionné d’anatomie et l’un de ses premiers travaux est un recueil d’illustrations sur la grossesse, publié en 1751.
En 1754, Stubbs voyage en Italie où il se convainc que la nature est supérieure à l’art grec ou romain.
En 1756, il loue une ferme dans le village de Horkstow dans le Lincolnshire où il peut disséquer des chevaux, aidé par sa femme, Mary Spencer.
Il déménage à Londres vers 1759 et en 1766 publie The anatomie of the Horse, dont les dessins originaux se trouvent actuellement dans la collection de la Royal Academy.
En 1759, le troisième duc de Richmond lui commande trois grands tableaux qui vont assurer sa carrière.
Durant les années 1760, il produit un grand nombre de tableaux de chevaux, parfois accompagnés de chiens ou de valets d’écurie.
Dans les années 1780; il peint quelques paysages appelés Haymakers and Reapers, puis en 1790, le prince de Galles devient son mécène et il fait son portrait à cheval en 1791.
Enfant des lumières, Stubbs est mû par un intérêt personnel pour le rationnel et le scientifique.
Le tableau
Cette peinture est une commande à George Stubbs par son mécène le plus important, Lord Grosvenor.
Composition
Ce tableau met en valeur le cheval.
Stubbs joue sur ses dimensions sculpturales.
Le cheval tenu par son palefrenier est au premier plan.
Au second plan un grand arbre sur la droite, dont une branche forme un dais au cheval. L’arbre borne la composition.
Plus loin un troisième plan avec une haie d’arbres et encore plus loin une propriété sur la gauche et encore plus loin, des prairies et des collines soulignent l’horizon.
Un grand ciel anglais, gris, parsemé du nuages allant du gris au bleu foncé, occupe les 3/4 de la composition..
Dans cette composition dynamique et gracieuse, le personnage du palefrenier est secondaire, toutefois en le représentant plein d’assurance et visiblement compétent, Stubbs ne le relègue pas dans l’insignifiance.
Stubbs place l’horizon très bas et ménage un paysage discret de collines et de feuillages, afin de faire ressortir la robe alezane du cheval.
Cette sobriété donne au tableau une allure presque solennelle, comme si le cheval était traité en véritable portrait individuel plutôt qu’en simple animal de haras.
L’équilibre classique de la composition donne à ce tableau un dignité émouvante.
Analyse
George Stubbs est un artiste spécialisé dans les sujets sportifs.
George Stubbs se concentrait sur les représentations équestres.
Ses études en anatomie lui permirent de représenter ces animaux en faisant preuve de précision et d’un sens du détail inégalé.
George Stubbs devint un peintre très apprécié des mécènes aristocratiques tels que lord Grosvenor, l’un des hommes les plus riches d’Angleterre.
Ce portrait équestre met l’accent sur la présence noble et contenue du cheval.
George Stubbs y combine son réalisme anatomique avec une composition équilibrée, où le fond paysager bas et calme sert surtout à isoler la silhouette chaude de l’étalon.
George Stubbs est célèbre pour son observation précise de l’anatomie animale et pour une représentation des chevaux fondée sur l’étude directe.
Son art associe exactitude scientifique et élégance classique, ce qui explique la qualité très « portraiturée » de ce type d’œuvre.
Dans ce tableau, le palefrenier ne vole pas la vedette au cheval : il sert surtout d’échelle humaine et d’indice social.
Le vrai sujet est la dignité du cheval de race, emblème du goût aristocratique et de la culture équestre anglaise.
Le cheval est présenté comme un pur-sang arabe, comme un animal de prestige, associé à la pureté de la lignée, à l’élégance et à la valeur aristocratique.
La présence du palefrenier rappelle le monde des écuries, mais aussi la relation de service et de maîtrise qui encadre l’animal dans la société anglaise du XVIIIe
Le cheval est le véritable sujet noble de l’image : il incarne la race, le prestige, la vitesse potentielle et la sélection aristocratique.
Le palefrenier rappelle l’univers des écuries et la hiérarchie sociale qui encadre l’animal.
Le cheval est montré dans une attitude vive mais controlée, avec les oreilles dressées et les naseaux ouverts.
Cette énergie contenue suggère à la fois la vigueur de l’animal et sa parfaite tenue.
Les marques blanches de la robe sont décrites comme des traits génétiques précis.
Ce qui renforce l’idée d’un animal observé avec attention, presque comme un spécimen d’exception.
Stubbs déploie son naturalisme savant : il allie l’observation anatomique à une composition très construite.
Le fond est volontairement discret, avec un horizon bas et un paysage doux, afin de faire ressortir la silhouette chaude du cheval et de donner à la scène une clarté presque classique.
George Stubbs cherche un équilibre entre vérité descriptive et élégance formelle.
La pose du cheval, la stabilité de l‘ensemble et la sobriété du décor donnent au tableau une allure de portrait aristocratique plus que de simple scène d’écurie.
Sur le plan iconographique l’œuvre valorise le cheval comme un emblème de distinction, de contrôle et de noblesse.
Sur le plan stylistique, le tableau montre Stubbs au sommet de son art :
précision anatomique, composition mesurée, tonalités harmonieuses et intelligence de la mise en scène.
Conclusion
Icône du patrimoine britannique, George Stubbs passe pour être l’un des meilleurs peintres de chevaux de l’histoire de l’art.
Stubbs avait 32 ans lorsqu’il décida de devenir le meilleur peintre de chevaux.
Il s’appliqua pendant deux ans, à l’étude de l’anatomie chevaline.
Sa quête du réalisme le poussa à s’attacher également au mouvement.
Ses dessins en témoignent. Il savait traduire les tempéraments des chevaux.
Ses tableaux sont empreints d’une solide dynamique.
Stubbs avait aussi l’art de dépeindre toutes les atmosphères.
Stubbs sublime le réalisme par une étude scientifique inspirée ; il en élargit audacieusement le répertoire et l’investît d’un symbolisme puissant, nourri par son imagination d’authentique visionnaire.
Ce très grand peintre a influencé Théodore Géricault et Eugène Delacroix.








