C’est la guerre totale dans le Donbass

Orage sur la mer -1824-28  John Constable
Huile sur papier marouflé sur toile
Collection de l’Académie Royale des Arts à Londres

 

Le Donbass est la cible de frappes intenses.
C’est l’horreur au quotidien depuis plus d’un mois.

L’armée ukrainienne à le moral en berne.
Les russes pilonnent sans discontinuer.

Sievierodonetsk est la bataille clef du Donbass
L’offensive des russes s’accélère.
La Russie a l’avantage en matière d’artillerie, de blindés et d’hommes.

Le ministre ukrainien de la défense annonce 100 soldats tués et 500 blessés chaque jour.

L’armée ukrainienne se retire de la ville de Sievierodonetsk.
Le projet est de « consolider leurs forces sur des positions où elles peuvent mieux se défendre ».

L’Ukraine nous demande des armes pour renverser les russes.
Kiev a besoin d’une aide occidentale « constante ».

Pendant ce temps la résistance s’organise dans les zones occupées en Ukraine,
La guérilla est le cauchemar des russes.

« La population locale continue à opposer une résistance totale » écrivait l’état-major ukrainien.

« Les autorités ukrainiennes ont mis en ligne un site pour coordonner l’action de résistance, qui donne des instructions pour commettre des sabotages, contourner la censure russe et publie des informations sur les actions menées contre l’occupant russe ».

Sources : Le journal LCI et Le Monde

100 jours de guerre en Ukraine

Le Flûtiste de l’artiste peintre surréaliste espagnole,
dite Remedios Varo (1908-1963)

Les russes occupent 20% du territoire ukrainien soit 125 000 Km2.

Le Kremlin estime avoir rempli « certains » de ses objectifs.

Poutine a la nostalgie de la Grande Russie.
Moscou accélère son processus de « russification » à grands coups de propagande à Marioupol annexée.

Afin d’acquérir l’entière façade maritime de la mer d’Azov et les côtes ukrainiennes longeant la mer noire, l’armée russe concentre ses efforts dans le Donbass.

Ville par ville, la Russie s’empare du Donbass.

La Russie a concentré ses moyens pour s’emparer de Severodonetsk et empêcher la liaison entre la région et le pays. Severodonetsk est sous un déluge de bombes.
L’étau se resserre autour de la ville, occupée à 80% par les russes.

Le ministre ukrainien des affaires étrangères d’Ukraine, Dmytro Kuleba, s’adresse aux pays alliés :
« Si vous vous souciez vraiment de l’Ukraine, si vous voulez que l’Ukraine occupe à nouveau son territoire, fournissez-nous des armes pour contre attaquer ».

La situation pour l’armée ukrainienne est difficile, les soldats sont en nombre inférieur, il leur manque des armes et ils sont fatigués.
L’armée russe pilonne.
Ils doivent résister à cette guerre d’usure, rue par rue.
Ils tiennent parce qu’ils se battent pour défendre leur terre.

Les encouragements de leur président sont vitaux.

Aujourd’hui, dans un message vidéo, le président Volodomyr Zelensky affirme :
« la victoire sera notre ».

Devant l’avancée inexorable de l’armée russe dans le Donbass, l’équipe autour de Zelensky reste « droite dans ses bottes »
Le premier ministre Denys Chmyal constate :
« L’Ukraine « avance » vers « la famille européenne » alors que la Russie se rapproche d’une vie derrière le « rideau de fer » et de l’isolement du monde développé ».

Pendant ce temps, la télévision russe parle de troisième guerre mondiale :
« La dénazification de Ukraine est peut-être une expérience d’apprentissage pour notre futur conflit » !

Sources : le journal Le Monde et la chaîne d’informations LCI

Une pensée pour Frédéric Leclerc-Imhoff, journaliste français décédé cette semaine en Ukraine.

mardi 24 mai 2022, trois mois de guerre en Ukraine

Crépuscule –2022 
Tableau du peintre contemporain (b. 1966) anglais : James F. Johnston

La capitale Kiev est toujours aux mains des ukrainiens qui ont chassé les russes.
Dans le Donbass, les combats s’éternisent.
Les russes mènent une guerre de positions.
Toutes leurs forces sont concentrées dans les régions de Lougansk et de Donetsk où les bombardements font rage. La situation se dégrade de jour en jour.

Les soldats ukrainiens sont fatigués mais ils résistent.
Ils se battent pour défendre leur terre.

L’Ukraine ne dispose pas de suffisamment d’armes et de soldats pour prendre l’ascendant.
Kiev  appelle instamment les occidentaux à lui livrer davantage d’armements.

Les russes « veulent tout détruire » affirme Volodymyr Zelensky.

Vendredi 20 mai 2022, ordre de Kiev

Le Feu -2018
Acrylique sur toile de Katherine Bradford -artiste contemporaine 

 

Denys Prokopenko, commandant du régiment Azov, une des unités ukrainiennes présentes dans l’aciérie a annoncé dans un message vidéo que les derniers soldats ukrainiens retranchés dans l’aciérie Azovstal, à Marioupol, ont reçu l’ordre d’arrêter de défendre la ville : « Le commandement militaire supérieur a donné l’ordre de sauver les vies des militaires de notre garnison et d’arrêter de défendre la ville »

Mais qui sont ces soldats, qui ont défendu corps et âme la ville de Marioupol sans jamais rien lâcher ?

Aujourd’hui c’est une unité d’élite de la Garde nationale ukrainienne.

Cela me crève le cœur mais, une petite mise au point sur ce bataillon est nécessaire.

Ce régiment s’est formé en 2014 au moment où les premiers affrontements russo-ukrainiens ont éclatés dans le Donbass.

Pour contrer les séparatistes prorusses du Donbass, le gouvernement autorise des bataillons de volontaires d’extrême droite, indépendants de l’armée, à combattre.
Parmi ces bataillons, le bataillon d’Azov (en référence à la mer) constitué d’une centaine de volontaires aux idées nationalistes et néonazies, participe au combat qui permet aux forces ukrainiennes de reprendre le contrôle de Marioupol.

Cette victoire contre les séparatistes prorusses appuyés par Moscou forge d’eux une image héroïque aux yeux de la population ukrainienne.

À la suite des accords de Minsk-septembre 2014, les bataillons doivent choisir entre rejoindre la Garde nationale ukrainienne ou se dissoudre.
En novembre 2014 le bataillon d’Azov devient officiellement un régiment de la Garde nationale sous la tutelle du ministre de l’intérieur ukrainien.

Adrien Nonjon (journaliste, spécialiste de l’Ukraine) précise : « Cela leur a permis de se légitimer, de recruter plus largement et d’obtenir des armes modernes. C’est devenu une unité d’élite de la Garde nationale ».

En 2022, pour Michael Colborne (journaliste de Bellingcat, -auteur d’un livre sur « Le mouvement Azov » –2022), « seule une minorité des soldats du régiment sont aujourd’hui portés par des idées d’extrême droite ou néonazies. Cette minorité 10 à 20% du groupe, constitue le noyau du régiment ».

Le régiment d’Azov représente pour Vladimir Poutine l’ennemi idéal.
Cette unité d’élite de la Garde nationale, recrutée dans les rangs de l’extrême droite ukrainienne, est le symbole de ces « nazis » que son invasion de l’Ukraine était censée éradiquer.
Interrogé par des journalistes, le porte-parole du kremlin a refusé de dire si ces soldats ukrainiens seraient considérés comme des prisonniers de guerre ou des criminels de guerre…

Avant de se rendre, Bohdan Krotevych, l’un des commandants du bataillon Azov a posté un message sur son compte Twitter :
« Je vous assure, nous n’aurons pas peur de mourir.
En mourant nous aurons conscience que nous allons devenir un engrais de la terre ukrainienne. C’est notre terre natale qui a besoin de beaucoup d’engrais pour qu’à l’avenir une nouvelle génération d’Ukrainiens puisse y grandir.
Cela achèvera notre mission ».

La défense acharnée de ces combattants dans les ruines de Marioupol a fait du régiment Azov le symbole de la résistance ukrainienne.

Leur bravoure, leur audace, leur courage, infinis, sont entachés par leur idéologie. Leurs idées d’extrême droite si elles les propulsent, pour ma part, elles me restent en travers de la gorge.

La formidable histoire tragique se change en histoire triste, très triste.

Mouette marine dans son nid – 1961
Tableau de l’artiste Ukrainienne Maria Prymachenko.

La reddition des soldats d’ Azovstal

Sur la colline aux bleuets
Huile sur toile de lin du peintre contemporain : Ian Felice

Le mercredi 18 mai – information du journal Le Monde :
« la reddition ne serait pas complète en dépit de plusieurs centaines de combattants ukrainiens désormais aux mains des Russes… Entre  une centaine et un millier de soldats ont choisi, armes en main, de rester dans le dernier pré carré de l’aciérie dévastée.
Le chef d’état-major du régiment Azov, Bohdan Krotevych, a posté mercredi soir sur son fil Twitter une photo de lui dans les ruines de l’aciérie mentionnant simplement : « 18.05.22 Azovstal la lutte continue ».

Les autorités ukrainiennes réclament un silence maximal pendant ce processus. « Ce sont nos héros, et nous faisons de notre mieux pour les sauver » a indiqué mercredi soir la vice-ministre ukrainienne de La Défense, Hanna Malyar dans un communiqué.  »

Se défendre jusqu’au bout
Les autorités ne veulent pas sacrifier leur héros.
Les négociations sont très délicates.
Quel sera le comportement des Russes avec le régiment Azov ?
Ces soldats méritent la mobilisation de la communauté internationale.
Mais auront nous les moyens d’interférer ?
Empêcher les tortures et les jugements arbitraires…

Ces soldats sont nos héros et en songeant à leur avenir nous avons la gorge serrée d’émotion.

L’ancêtre du smiley ! Masque de Tunghak -esprit errant, Alaska fin du XIXe

Le masque ci-dessus est un masque de métamorphose datant de la fin du XIXe.

C’est un masque de la culture Yupik.
Il est en bois polychrome.
Ses dimensions sont 18,7 x 16,5 cm.

Il est conservé au Dallas Museum of Art aux Etats-Unis.

Le peuple Yupik représente les indigènes qui vivent sur la moitié sud de la côte ouest de l’Alaska, précisément sur le delta du Yukon-Kuskokwim et le long de la rivière Kuskokwim.
Les Yupiit parlent cinq langues distinctes, qui forment un groupe rattaché à la branche eskimo de la famille eskimo-aléoute. Le yupik est encore très largement parlé, à 75 %.
Les Yupiit emploient un système d’écriture semblable à l’orthographe romaine, qaliujaaqpait, qu’ont développé les missionnaires moraves vers la fin du XIXe. Les Yupiks de l’Alaska sont les seuls peuples autochtones qui ont développé un système d’écriture pictographique.

Pour les Yupiit, chaque être et chaque objet possède une âme, le « Yua », qui mérite le respect sous peine de punitions et d’avaries.

Ce peuple est célèbre pour la fabrication de masques cérémoniels.
Leur aspect varie en fonction de leur usage, allant de petits masques de doigts à de grands masques nécessitant plusieurs porteurs

Une classification thématique de la vaste variété des formes et des symboles incarnés par les masques Yupik permet de diviser les masques en plusieurs catégories : les masques Totems, d’animaux mythiques, d’Yua (âme), des Tunghak (esprits errants) ou les masques représentant l’Homme-de-la-Lune.

Les masques sont créés spécifiquement pour une occasion et d’après le rêve du chaman : il faut que l’esprit soit apparu pour qu’on puisse le représenter correctement.

Chaque masque est unique et sa fabrication est sujette aux désirs et à la sensibilité du sculpteur.

Le masque présenté est un masque Tunghak de l’Alaska.

Il correspond à une typologie bien précise présentant un visage zoomorphe –

Rousselot, J.L., Bihl, J. et al –  « Masques Yupik », Masques Eskimo d’Alaska, Novalaise, 1991,  : « Tous les masques de ce type font référence au dieu lunaire, dispensateur de gibier. Les trous percés dans la planche évoquent les lieux de passages entre le monde céleste, la terre et le monde sous-marin. »

La capacité d’un homme à sculpter un masque était considérée comme aussi fondamentale que celle de manger et de respirer.
La fabrication débutait par la collecte du bois, spécifiquement récupéré pour l’occasion et soumise à des rites particuliers, afin de respecter le Yua. Le sculpteur suivait ensuite les directives du chaman pour la forme de l’objet, puis le peignait et terminait par l’ajout des différents éléments rapportés.
Peindre le masque avec des pigments naturels, c’était le rendre visible au monde des esprits…

Les masques cérémoniels yupiks sont célèbres mais rares car ils étaient souvent brûlés après les cérémonies, d’où la rareté des traces archéologiques.

10 mai 2022, 76 ème jour de guerre en Ukraine

Photographie de Philippe le Tellier – Paris Match 1961

Poutine un diable ?
Non, Poutine n’est pas un diable, Poutine n’est pas un fou. Poutine joue aux échecs avec le monde occidental.
Poutine mise sur notre lassitude de sa guerre et nos désaccords entre pays alliés.
Garde à nous !
Et si, insidieusement, nous avancions vers un conflit mondialisé ?

L’eau, l’océan de Whistler

 

Un horizon très haut colle au ciel. Un ciel comme un chapeau.
Les clapotis de l’eau
Le bruissement des feuilles de bambou
L’odeur âpre des brassées d’iode
Au loin des pattes de mouches, des lignes sombres posées sur l’eau, des bateaux pour la profondeur
Un bout de jetée s’élance sur la gauche de la toile, une ligne de fuite qui lance une perspective
De l’eau de l’eau et de l’eau
À la japonaise… l’éloge du vide
Et puis, un cartouche avec un papillon pour signature
Et puis, le cadre !
Exceptionnel la présence du cadre.
Je vous propose les toiles sans leur cadre habituellement.
Ici le peintre a peint le cadre.
Le cadre fait corps avec la toile, il est indissociable.
Sur le bois le peintre a dessiné des petites vagues, des frises de vagues et il a posé son papillon…
Le cadre nous retient au bord de l’eau.
Fascinés nous sommes mais pas noyés !

Symphonie en gris et vert : l’océan -1866
Huile sur toile de Whistler

Conservée à New-York dans la Frick Collection

Le tableau est exposé actuellement au musée d’Orsay dans la salle réservée au tableau de la collection Frick
Profitez,  c’est exceptionnel, c’est la première fois que les tableaux de la collection voyagent prêtés gracieusement par le musée new-yorkais qui est en travaux.

Le cartel du tableau :
« Lors de la guerre de 1866 entre le Chili et l’Espagne, Whistler fait un incroyable voyage, participant à une expédition à Valparaiso planifiée par d’anciens soldats américains confédérés (dont son propre frère), pour vendre des torpilles aux chiliens.
Le projet avorte, mais l’artiste reste à Valparaiso d’où il rapporte une série de marines qui ne laissent rien deviner du bombardement de la ville par les espagnols, dont il a été témoin.
Whistler réduit la composition en grandes zones colorées simplement aimées par une jetée, quelques vagues et la discrète silhouette de navires tournés vers l’horizon. L’espace est aplani comme dans les estampes japonaises, une influence visible également dans la branche de bambou ajoutée au premier plan, et dans le décor du cadre conçu par Whistler lui-même, sur lequel figure son monogramme au papillon et un motif de seigaiha (« vagues de mer bleues »).

New-York, The Frick Collection, Legs Henry Clay Frick

50 ème jour de guerre

Nuage sur le lac -1904  du peintre finlandais
Akseli  Gallen-kallela (1865-1931)

actuellement exposé au musée Jacquemart-André à Paris 

Jeudi 14 avril 2022 : 50ème jour de guerre

Comment arrêter Poutine et ses atrocités.

Récemment la gare de Kramatorsk a été bombardée, 52 civils ont été tués
C’est la guerre, effrayante. On ignore encore combien de corps vont être retrouvés dans les forêts et les maisons environnantes.

Nous sommes informés, surinformés. C’est la première fois qu’une guerre est sous les feux des projecteurs avec autant d’immédiateté et de précision.
Vérifier, vérifier sans relâche les informations.

Les dirigeants se lâchent emploient des mots lourds de sens, à contre sens peut-être. Trop tôt. Prendre le temps s’assurer de toutes les données

Certes c’est la guerre et il n’y a pas de temps, se défendre, combattre, résister.

L’armée russe avance inexorablement dans Marioupol assiégée.

On voudrait comme dans un jeu de société, que les ukrainiens résistent.
Hier, info ou intox, les russes ont montré une colonne de soldats ukrainiens qui se seraient rendus…

Le maire de Marioupol informe que des poches de résistance persistent.
La ville n’a pas capitulé. On croise les doigts
On envoie toute notre énergie à tous ces héros ukrainiens.
On espère que les armes envoyées seront opérationnelles dans le temps ukrainien.

Que nous apprendrons les informations de ce soir ?

Je pense à mon arrière-grand-père qui avait été gazé à la guerre de 14, il me racontait les combats avec les fusils à baïonnette –pas le temps de réfléchir
« ou tu embrochais ou tu étais embroché » …

J’ai appris à ne pas gaspiller. Les histoires de mes grands-parents, parlaient de la guerre et de ses privations, de la faim, de l’orange le jour de Noël.

L’histoire de mes parents, c’est l’histoire du film « Jeux interdits ».
Ma maman vivait à Marseille, un jour les allemands sont arrivés dans son école : « les enfants doivent être évacuées à la montagne ». Ma maman s’est retrouvée avec une étiquette autour du cou, dans un car, en partance pour la Haute-Loire. Elle avait deux sœurs. Toutes les trois sont arrivées sur la place d’un village où les habitants venaient les choisir.
Elles ont été séparées chacune dans une famille différente.
Pour maman, c’est elle qui a choisi ! Mon grand-père en charge d’une famille nombreuse n’avait nulle intention de prendre une fillette de Marseille dans sa maison. Ma maman l’a apostrophé :
« bonjour Monsieur, vous avez des enfants chez vous ?
Prenez-moi s’il vous plaît »
Mon grand-père a craqué, puis mon père ….

Le souvenir de la guerre coule dans mes veines.
J’ai, dans mon porte-monnaie, la médaille de soldat de mon grand-oncle Jacques, il pilotait, son avion a été descendu le dernier jour de la guerre.
Il avait le projet de devenir vétérinaire, j’ai toujours son herbier.
Mort au combat, son portrait était dans notre chambre de vacances en Auvergne.
Il était jeune et très beau en habit militaire, c’était notre héros à mon frère et à moi.

Mon frère est devenu commandant de bord et moi vétérinaire…

La guerre coule dans mes veines.

une chevelure « d’enfer » !

La robe écossaise -vers 1895 –
Huile sur toile de Giovanni Boldini (1842-1931)

Conservé dans une collection particulière

Actuellement accrochée au Petit Palais à Paris, dans le cadre de l’exposition consacrée à Boldini (10 mars 2022- 10 juillet 2022)

Notre attention est focalisée par la flamboyante chevelure.
Ces cheveux sont peints avec un réalisme stupéfiant. Des vrais cheveux qui tombent en cascades ! Une tresse, au-dessus de l’oreille, s’est dénouée, entrainée par le poids de la chevelure qui s’étale sur la poitrine. Les grosses boucles témoignent d’un chignon défait.
Ensuite, et seulement ensuite, on observe que la robe à volants, à dentelles et à carreaux est usée, élimée, déchirée.
La beauté sensuelle de la jeune-fille transperce la toile.
Boldini peint le portrait de cette sauvageonne avec autant de bonheur que ses  portraits en pied qui ont fait son succès, des dames de la grande bourgeoisie, guindées dans leurs robes longues, « embijoutées » et maquillées.

Les propriètaires de cette toile sont bien chanceux !

Boldini use de toutes les techniques pour obtenir ses effets.
Tantôt il dilue ses couleurs jusqu’à faire participer la matière du tableau aux rendus de ses fonds, tantôt il peint son motif en cumulant des petites touches de couleur très épaisses.
Ces différentes techniques cohabitent dans le temps.
Cette pluralité témoigne du grand modernisme du peintre.