Guess Art
Le regard sur la trace de la lumière suit le désir du peintre, jusqu’à l’âme du tableau
Chaque semaine je propose un tableau :
Les quatre premiers jours de la semaine je poste des détails du tableau, le vendredi le tableau et le samedi un commentaire sur le tableau.
Le dimanche je poste un ou plusieurs tableaux en rapport avec le tableau de la semaine.
Le concept : trouver le tableau le plus tôt possible dans la semaine.
Si vous trouvez le tableau dès le lundi, vous êtes très fort.
Bravo !
Pour ceux qui cherchent, je donne un indice, en milieu de semaine, sur mes comptes Instagram et Facebook qui portent le même nom que le blog : lumieresdesetoiles
Attention : au pluriel et sans accent...
Bon voyage dans les lumières des étoiles !
Each week there will be a painting that is revealed detail-by-detail :
The first four days of the week, I'll be posting fine details of the painting which will ultimately be revealed on Friday;
On Saturday, I'll be posting a commentary on the work of the week.
Finally, on Sunday, I'll be posting a couple of related works to frame the context, history, or style of the painting of the week.
The challenge: to identify the painting in the shortest time possible.
If you've met the challenge by Monday, you are indeed quite the connoisseur!
Bravo !
For those interested in the challenge, I give an additional hit in the middle of the week on my Facebook and Instagram accounts, which go by the same name as the blog: lumieresdesetoiles.
regard de Paris -Manet 4
regard du nord -Manet 4
regard du sud -Manet 4
regard de neige -Manet 4
Le port de Bordeaux – Eugène Boudin
Eugène Boudin (1824-1898)
Le port de Bordeaux
1874
Huile sur toile
Dim 70,5 x 102 cm
Conservé à Orsay
Introduction
Dans cette ville qui a manqué le rendez-vous de l’industrialisation sous le Second Empire, l’activité portuaire constitue le témoin essentiel du dynamisme économique.Le libre-échange profite aux activités économiques de Bordeaux.Le commerce avec l’extérieur prospère entre le Second Empire et la IIIe république.
En peignant ce paysage urbain, Boudin saisit l’activité frénétique du commerce du vin sur le port. Le peintre s’est installé au-dessus du quai des Chartrons, pour peindre son tableau.
Composition
C’est une composition bipartite.
La moitié supérieure du tableau est marquée par l’agitation des éléments.
Les nuages cachent le soleil. Ses rayons percent les nuées dans l’axe du tableau.
La partie inférieure répond à cette agitation.
Au premier plan, la rive sablonneuse où sont amarrés les bateaux, grouille d’activité.Les dockers transbordent les marchandises entre les wagons et les bateaux.Des groupes d’hommes et de femmes s’égrènent sur la grève.Le fleuve est couvert de voiliers au mouillage, en instance de chargement.
Le tableau est rythmé horizontalement par trois obliques parallèles qui s’enfoncent dans le tableau : le fleuve, le quai et le train.
La composition a également un rythme vertical avec les nombreux mâts qui se dressent sur les voiliers et font écho au clocher qui se détache dans le ciel du second plan.
Le tableau est dominé par des nuances de gris, de gris-bleu pour le ciel et, de blanc, d’ocre, de brun pour le fleuve et le quai.
Le ciel lourd de nuages laisse passer la lumière du soleil par une trouée au milieu du tableau. La lumière ainsi libérée se projette violemment sur le fleuve qui renvoie des reflets blancs.
Le fleuve d’une blancheur laiteuse -rythme horizontal est en opposition au ciel gris.
L’ambiance est translucide et lumineuse.
Les touches rapides suggèrent le mouvement.
Analyse
Si j’ai choisi un tableau de Boudin cette semaine, c’est parce que Boudin appartient au groupe d’artistes qui ont revendiqué une reconnaissance de leurs œuvres alors qu’ils s’émancipaient des dictats du néo-classicisme et de l’art académique en vigueur au Salon Officiel.
Boudin s’oriente progressivement vers sa vocation : la représentation des rivages marins, des bateaux et des ports.
Sa première exposition a lieu en 1857.
En 1858, il rencontre Claude Monet, alors âgé de 18 ans.
Boudin emmène Monet le regarder peindre sur le motif dans les environs du Havre.
Monet écrit « je le regarde plus attentivement et puis, ce fut tout à coup comme un voile qui se déchire : j’avais compris, j’avais saisi ce que pouvait être la peinture ».
L’influence de Boudin sur Monet est déterminante.
La lumière pour Boudin est le sujet par excellence. Toute sa carrière est guidée par la recherche de la lumière. Le temps est fugitif, le temps ne dure qu’un instant, c’est en cela que Boudin est précurseur et moderne.
Son goût pour l’étude de la lumière précède celui de Monet, de même que la pratique des séries, peignant le même paysage à différents moments de la journée ou de la saison afin de restituer les variations de lumière.
Eugène Boudin a peint 79 vues du port de Bordeaux.
Dans cette toile peinte durant le séjour de 1874, Boudin utilise une technique proche de celle de ses amis impressionnistes.
En 1874, Boudin expose en participant au Salon des Impressionnistes pour la première fois, bien qu’il n’adhère pas au mouvement.
Conclusion
Le style de Boudin est nettement Impressionniste, même si l’artiste n’appartient pas au mouvement.
Boudin est de nature discrète, sa personnalité le limite mais donne à son œuvre une dimension émotive unique.
Le port de Bordeaux attirera l’intérêt du port de Bordeaux pour d’autres artistes, comme Daubigny, Gauguin ou Manet








