Guess Art
Le regard sur la trace de la lumière suit le désir du peintre, jusqu’à l’âme du tableau
Chaque semaine je propose un tableau :
Les quatre premiers jours de la semaine je poste des détails du tableau, le vendredi le tableau et le samedi un commentaire sur le tableau.
Le dimanche je poste un ou plusieurs tableaux en rapport avec le tableau de la semaine.
Le concept : trouver le tableau le plus tôt possible dans la semaine.
Si vous trouvez le tableau dès le lundi, vous êtes très fort.
Bravo !
Pour ceux qui cherchent, je donne un indice, en milieu de semaine, sur mes comptes Instagram et Facebook qui portent le même nom que le blog : lumieresdesetoiles
Attention : au pluriel et sans accent...
Bon voyage dans les lumières des étoiles !
Each week there will be a painting that is revealed detail-by-detail :
The first four days of the week, I'll be posting fine details of the painting which will ultimately be revealed on Friday;
On Saturday, I'll be posting a commentary on the work of the week.
Finally, on Sunday, I'll be posting a couple of related works to frame the context, history, or style of the painting of the week.
The challenge: to identify the painting in the shortest time possible.
If you've met the challenge by Monday, you are indeed quite the connoisseur!
Bravo !
For those interested in the challenge, I give an additional hit in the middle of the week on my Facebook and Instagram accounts, which go by the same name as the blog: lumieresdesetoiles.
le troisième œil -G. Moreau
perle d’eau -G. Moreau
chimère -G. Moreau
aquatique -G. Moreau
La dame au jardin clos -1894 Maurice Denis
Le bois sacré -1855

. Fresque de Puvis de Chavannes
. Grand amphithéâtre de La Sorbonne
Les Muses -Maurice Denis 2
Maurice Denis (1870-1943)
Les Muses
1893
Huile sur toile
Dim : 171,5 x 137,5 cm
Conservé au musée d’Orsay
Ce tableau pourrait s’appeler Hommage à Marthe
Maurice Denis prend pour prétexte l’illustration d’un sujet mythologique traditionnel : les neuf muses, pour représenter non pas une mais neuf fois le visage, la silhouette de Marthe, sa muse, son inspiratrice, sa femme, jusqu’à sa mort.
Il écrit : « Elle est plus belle que toutes les images, que toutes les représentations, que tous les effets subjectifs. Elle est en dehors de moi, ce n’est pas moi qui la crée ».
Le thème du tableau se réfère à un sujet traité par les peintres depuis la Renaissance, avec une traduction picturale moderne :
Maurice Denis transforme les muses de l’antiquité en icônes du temps présent.
La scène se passe dans un parc de marronniers, à l’automne, où sont réunis quatre groupes de femmes.
Composition
Au premier plan, trois femmes sont assises, l’une d’elle s’apprête à dessiner, une autre tient un livre ouvert sur les genoux, les traits de leurs visages sont à peine esquissés.
Les sept autres femmes déambulent entre les arbres du parc.
Elles sont élégantes, gracieuses et désincarnées.
Les verticales des marronniers centenaires, comme de grandes colonnes, rythment la composition et lui insufflent sa puissance narrative.
Les troncs d’arbre contrastent avec les courbes-des épaules, des chevelures et des robes ; et les arabesques ornementales des branches, du feuillage et des feuilles mortes au sol.
La fixité des arbres et les attitudes des femmes créent un mouvement de circulation qui influe un balancement, une volonté douce, une sorte de danse lente.
Ce tableau est le théâtre d’une communication mystérieuse des personnages avec la nature.
Un premier plan, une ligne d’horizon, un espace sans profondeur :
Maurice Denis qualifie sa toile de « panneau décoratif ».
L’agencement de cette toile traduit l’influence des grands décors de Puvis de Chavannes, comme Le bois sacré.
Ce tableau, avec sa volonté décorative est fidèle aux préoccupations des Nabis : motif et répétition.
Le jeu graphique est mis en valeur par des coloris automnaux et irréels apposés en aplats cernés, l’ocre, le blanc, la terre de sienne et la terre verte.
La lumière émane des coloris. L’ombre des arbres est contenue entre la ligne d’horizon très lumineuse et la lumière du jour qui baigne les visages et les épaules de Marthe.
Analyse
Ce tableau est traité comme un décor, avec la stylisation des formes, la simplification des personnages et des arbres, le cerne vigoureux enserrant les figures des muses et les feuilles mortes au sol rouges ou ocre d’or.
Les courbes des corps des muses se marient avec les courbes de leurs robes. Les silhouettes des muses ondulent délicatement sur le tapis de feuilles mortes très stylisées.
Cette nature ondoyante et harmonieuse fait penser aux volutes de l’Art Nouveau.
Maurice Denis cherche à nous entraîner au-delà des apparences au-delà du monde visible pour lui le choix des couleurs est aussi important que le sujet représenté.
Ses muses ouvrent la porte au rêve.
Comme Gauguin, Maurice Denis ne veut pas copier la nature mais la transcender, la réinventer, atteindre le sublime.
Rien dans ce tableau n’est hasardeux.
Chaque coup de pinceau est le fruit d’une volonté bien réfléchie.
Les muses traditionnellement révèlent aux hommes la connaissance de l’art, sa poésie secrète et cela inspire Maurice Denis.
Aux neufs muses traditionnelles, Maurice Denis en ajoute une dixième énigmatique à l’arrière-plan, le bras levé vers la clarté du ciel.
Le peintre nous emmène vers le surnaturel.
Conclusion
Toute la peinture de Maurice Denis est imprégnée de son désir d’atteindre l’harmonie. Dans ce tableau il s’agit de poésie, symbolisée par le livre de la jeune-femme en noir.
Ce tableau est un vibrant éloge de la femme aimée et,
Un des sommets de la peinture symboliste.







