Guess Art
Le regard sur la trace de la lumière suit le désir du peintre, jusqu’à l’âme du tableau
Chaque semaine je propose un tableau :
Les quatre premiers jours de la semaine je poste des détails du tableau, le vendredi le tableau et le samedi un commentaire sur le tableau.
Le dimanche je poste un ou plusieurs tableaux en rapport avec le tableau de la semaine.
Le concept : trouver le tableau le plus tôt possible dans la semaine.
Si vous trouvez le tableau dès le lundi, vous êtes très fort.
Bravo !
Pour ceux qui cherchent, je donne un indice, en milieu de semaine, sur mes comptes Instagram et Facebook qui portent le même nom que le blog : lumieresdesetoiles
Attention : au pluriel et sans accent...
Bon voyage dans les lumières des étoiles !
Each week there will be a painting that is revealed detail-by-detail :
The first four days of the week, I'll be posting fine details of the painting which will ultimately be revealed on Friday;
On Saturday, I'll be posting a commentary on the work of the week.
Finally, on Sunday, I'll be posting a couple of related works to frame the context, history, or style of the painting of the week.
The challenge: to identify the painting in the shortest time possible.
If you've met the challenge by Monday, you are indeed quite the connoisseur!
Bravo !
For those interested in the challenge, I give an additional hit in the middle of the week on my Facebook and Instagram accounts, which go by the same name as the blog: lumieresdesetoiles.
tribal -P.Picasso
provoquant -P.Picasso
fruits -P.Picasso
pudeur -P.Picasso
Femme aux cheveux longs 1918 -Egon Schiele -Lithographie
Femme assise à la jambe repliée – 1917- Egon Schiele
Fille aux cheveux noirs -1910 Egon Schiele
L’étreinte – Egon Schiele
Egon Schiele (1890-1918)
L’étreinte
1917
Huile sur toile
Dim 100 x 170 cm
Conservé au Palais du Belvédère à Vienne
Sujet
Un couple enlacé semble absorbé et oublieux du monde extérieur, comme une référence au Baiser de Klimt.
Composition
Un plan :
Les amants sont allongés sur un drap lui-même posé sur une couverture.
Ils sont cadrés très serrés.
Le spectateur a une vue en plongée sur leurs corps emmêlés, suivant chacun une diagonale qui traversent la toile et se rejoignent dans l’abondante chevelure de la femme.
Les amants occupent pratiquement toute la surface du tableau, leur position forme un triangle. La diagonale de la femme est initiée par sa jambe gauche celle de l’homme par son dos saillant, la cuisse gauche de l’homme ferme le triangle.
Ces lignes de force conduisent le regard du spectateur- qui s’arrête sur le flanc de la femme occupant le centre de la composition et impulsent une grande énergie au tableau, l’énergie du désir.
Si les personnages de Klimt sont idéalisés, ceux de Schiele sont contorsionnés et pâles.
La femme est écrasée sous le poids de l’homme.
Seul élément décoratif dans ce tableau, les cheveux des amants qui s’entremêlent en une arabesque sensuelle typique de l’Art Nouveau.
La palette de couleurs est réduite, marron-terre de sienne pour le corps de l’homme, beige-terre de sienne pour la femme, jaune pâle- terre de sienne pour la couverture.
Cette palette met en contraste le noir des cheveux.
La peinture est appliquée en très fines couches et les contours sont surlignés de noir.
C’est le dessin sous-jacent qui fait saillir sous la peau les muscles et la colonne vertébrale de l’homme et qui confère une tridimensionnalité au sujet.
Le blanc froid et cassant du drap éclaire le tableau en mettant en lumière les couleurs des carnations et de la couverture.
Analyse
Egon Schiele peint la condition humaine
Face à des mœurs sévères, Schiele expose une nudité crue, loin des représentations académiques.
Bien que chétifs et esthétiquement repoussants, les corps expriment avec honnêteté le désir humain empreint d’intimité et d’affection.
Derrière ces corps dépouillés et vivants, le spectateur voit les cadavres qu’ils seront.
La beauté n’est pas dans la représentation des amants mais dans l’enlacement des corps très nus, maigres et décharnés, aspirés l’un vers l’autre.
Les corps ont la couleur de la mort et suintent de détresse et de désir.
Cette gestuelle extrême en retranscrivant les émotions des amants crée un malaise chez le spectateur.
Explorer les corps, dévoiler leurs faiblesses et leurs détresses est le moyen pour Schiele, d’exorciser ses combats intérieurs.
L’étreinte, dérangeante au prime abord, permet au spectateur de percevoir l’incertitude et la fragilité humaine.
Ces émotions allaient devenir cruciales à l’aube de la Première Guerre mondiale.
Conclusion
C’est par l’intermédiaire de Klimt, son aîné et maître, qu’Egon Schiele découvre les ateliers d’artisanat d’art liés à la Sécession.
La renommée d’Egon Schiele s’accroit progressivement.
En 1913 et 14 il participe à de nombreuses expositions internationales : Budapest, Munich, Berlin, Bruxelles, Paris, Rome…
Egon Schiele est familier de l’œuvre de Freud et ses tableaux illustrent fréquemment les notions de refoulement et de désirs cachés.
Le 5 janvier 1918 Klimt décède.
Schiele organise à sa place la 49èmeexposition de la Sécession.
L’exposition est un succès, Schiele vend ses œuvres et obtient des commandes de portraits. Il n’aura pas le temps de tous les réaliser, foudroyé par la grippe espagnole à l’âge de 28 ans, le 31 octobre 1918.
Dans les œuvres d’Egon Schiele comme dans celle de Klimt, le spectateur perçoit la vie émotionnelle qui prendra une place centrale dans le Surréalisme et dans l’Expressionnisme -auquel Egon Schiele est lié.








