Guess Art
Le regard sur la trace de la lumière suit le désir du peintre, jusqu’à l’âme du tableau
Chaque semaine je propose un tableau :
Les quatre premiers jours de la semaine je poste des détails du tableau, le vendredi le tableau et le samedi un commentaire sur le tableau.
Le dimanche je poste un ou plusieurs tableaux en rapport avec le tableau de la semaine.
Le concept : trouver le tableau le plus tôt possible dans la semaine.
Si vous trouvez le tableau dès le lundi, vous êtes très fort.
Bravo !
Pour ceux qui cherchent, je donne un indice, en milieu de semaine, sur mes comptes Instagram et Facebook qui portent le même nom que le blog : lumieresdesetoiles
Attention : au pluriel et sans accent...
Bon voyage dans les lumières des étoiles !
Each week there will be a painting that is revealed detail-by-detail :
The first four days of the week, I'll be posting fine details of the painting which will ultimately be revealed on Friday;
On Saturday, I'll be posting a commentary on the work of the week.
Finally, on Sunday, I'll be posting a couple of related works to frame the context, history, or style of the painting of the week.
The challenge: to identify the painting in the shortest time possible.
If you've met the challenge by Monday, you are indeed quite the connoisseur!
Bravo !
For those interested in the challenge, I give an additional hit in the middle of the week on my Facebook and Instagram accounts, which go by the same name as the blog: lumieresdesetoiles.
pendant – Morisot
Parce que c’est dimanche… un Manet : vase de pivoines sur piédouche 1864- Orsay
Fruits sur la table – Edouard Manet
Edouard Manet (1832-1883)
Fruits sur la table
1864
Huile sur toile
Dim 45 x 73,5 cm
Conservé à Orsay
La nature morte en tant qu’œuvre d’art était appréciée pour ses qualités de composition, d’exécution et pour l’illusion de la réalité qu’elle donnait
Composition
Sur la nappe au premier plan, de gauche à droite, des fruits sont représentés en frise : amandes dans leurs coques, grappe de raisins chasselas et une grappe de raisins muscats posée sur une feuille de vigne.
Au second plan, au centre du tableau, un panier d’osier contient quatre pêches et deux prunes reine-claude.
Également sur la nappe :
-un couteau posé en biais sur le bord de la table donne de la profondeur à la composition
-une timbale en argent reflète la lumière.
Le tableau est découpé en deux parties
La première occupée par la table entièrement dissimulée par la nappe occupe les 3/4 du tableau.
La seconde est le mur contre lequel est placée la table.
Manet a choisi pour le mur une couleur marron très foncée qui a pour fonction de faire ressortir le blanc impérieux de la nappe tout en situant la scène : dans les bastides provençales, les murs sont peints en partie basse de couleur foncée.
Manet s’attache au rendu de cette nappe et joue une franche opposition entre le mur sombre et l’éclat de la nappe.
Cette blancheur met en valeur les fruits : le vert des coques d’amandes, la transparence des grains jaunes du raisin chasselas, les éclats des grains bordeaux du muscat.
Dans ce tableau, Manet reprend la palette colorée et les matières des natures mortes de Chardin. Le choix de ses couleurs donne un rendu velouté aux pêches qui s’oppose à la brillance des grains de raisin.
La lumière éclaire le tableau de face, fait scintiller la timbale posée un peu en retrait à droite de la corbeille et,projette des ombres, qui animent la composition.
La facture de Manet est énergique, ses modelés sont rapides. Il supprime les volumes, les clair-obscur et applique ses couleurs par touches plates à l’intérieur de contours bien définis. Manet cherche à reproduire le velouté, la transparence et la fragilité.
Sa facture est soucieuse du réel comme en témoignent ses fruits.
Analyse
Manet n’est pas un initiateur de l’Impressionnisme.
Manet n’utilise pas les nouvelles techniques de la couleur et le traitement particulier de la lumière auquel s’attachent les Impressionnistes.
Manet a peint ses natures mortes parce qu’il avait plus de facilité à les négocier que les portraits et aussi parce qu’il les aimait :
« Un peintre peut tout dire avec des fruits ou des fleurs, ou des nuages seulement » disait-il.
Il peindra des natures mortes avant 1870 et à la fin de sa vie lorsqu’il sera immobilisé dans son atelier par la maladie.
Manet s’inspire de l’estampe japonaise, de la photographie, de Zurbaran, du Titien, de Vélasquez, de Chardin et de J D de Heem.
Chez Manet la peinture n’est pas ordonnée et contrairement aux maîtres anciens, les objets inanimés n’ont pas une valeur symbolique.
Manet recherche la simplicité, le vide joue un rôle significatif.
Que de chemin parcouru entre les Pivoines de 1864 et l’asperge ou Le jambon de 1880.
Manet figure la transparence, les taches de couleurs, les reflets. Il reproduit la manière dont l’œil appréhende la scène.
Il fait de la nature morte un objet de pensée
Manet est le peintre du Déjeuner sur l’herbe et de L’Olympia.
Il mélange les genres, le paysage et le nu, l’histoire et le portrait.
IL annule leur hiérarchie.
Ses représentations se vident de toute signification pour en venir comme plus tard dans l’art moderne, à faire de chaque objet une simple tache de couleur.
Manet a fondé le concept de la peinture moderne
le tableau – Fruits sur la table -1864 -Édouard Manet 4
regard de Paris -Manet 4
regard du nord -Manet 4
regard du sud -Manet 4
regard de neige -Manet 4
Le port de Bordeaux – Eugène Boudin
Eugène Boudin (1824-1898)
Le port de Bordeaux
1874
Huile sur toile
Dim 70,5 x 102 cm
Conservé à Orsay
Introduction
Dans cette ville qui a manqué le rendez-vous de l’industrialisation sous le Second Empire, l’activité portuaire constitue le témoin essentiel du dynamisme économique.Le libre-échange profite aux activités économiques de Bordeaux.Le commerce avec l’extérieur prospère entre le Second Empire et la IIIe république.
En peignant ce paysage urbain, Boudin saisit l’activité frénétique du commerce du vin sur le port. Le peintre s’est installé au-dessus du quai des Chartrons, pour peindre son tableau.
Composition
C’est une composition bipartite.
La moitié supérieure du tableau est marquée par l’agitation des éléments.
Les nuages cachent le soleil. Ses rayons percent les nuées dans l’axe du tableau.
La partie inférieure répond à cette agitation.
Au premier plan, la rive sablonneuse où sont amarrés les bateaux, grouille d’activité.Les dockers transbordent les marchandises entre les wagons et les bateaux.Des groupes d’hommes et de femmes s’égrènent sur la grève.Le fleuve est couvert de voiliers au mouillage, en instance de chargement.
Le tableau est rythmé horizontalement par trois obliques parallèles qui s’enfoncent dans le tableau : le fleuve, le quai et le train.
La composition a également un rythme vertical avec les nombreux mâts qui se dressent sur les voiliers et font écho au clocher qui se détache dans le ciel du second plan.
Le tableau est dominé par des nuances de gris, de gris-bleu pour le ciel et, de blanc, d’ocre, de brun pour le fleuve et le quai.
Le ciel lourd de nuages laisse passer la lumière du soleil par une trouée au milieu du tableau. La lumière ainsi libérée se projette violemment sur le fleuve qui renvoie des reflets blancs.
Le fleuve d’une blancheur laiteuse -rythme horizontal est en opposition au ciel gris.
L’ambiance est translucide et lumineuse.
Les touches rapides suggèrent le mouvement.
Analyse
Si j’ai choisi un tableau de Boudin cette semaine, c’est parce que Boudin appartient au groupe d’artistes qui ont revendiqué une reconnaissance de leurs œuvres alors qu’ils s’émancipaient des dictats du néo-classicisme et de l’art académique en vigueur au Salon Officiel.
Boudin s’oriente progressivement vers sa vocation : la représentation des rivages marins, des bateaux et des ports.
Sa première exposition a lieu en 1857.
En 1858, il rencontre Claude Monet, alors âgé de 18 ans.
Boudin emmène Monet le regarder peindre sur le motif dans les environs du Havre.
Monet écrit « je le regarde plus attentivement et puis, ce fut tout à coup comme un voile qui se déchire : j’avais compris, j’avais saisi ce que pouvait être la peinture ».
L’influence de Boudin sur Monet est déterminante.
La lumière pour Boudin est le sujet par excellence. Toute sa carrière est guidée par la recherche de la lumière. Le temps est fugitif, le temps ne dure qu’un instant, c’est en cela que Boudin est précurseur et moderne.
Son goût pour l’étude de la lumière précède celui de Monet, de même que la pratique des séries, peignant le même paysage à différents moments de la journée ou de la saison afin de restituer les variations de lumière.
Eugène Boudin a peint 79 vues du port de Bordeaux.
Dans cette toile peinte durant le séjour de 1874, Boudin utilise une technique proche de celle de ses amis impressionnistes.
En 1874, Boudin expose en participant au Salon des Impressionnistes pour la première fois, bien qu’il n’adhère pas au mouvement.
Conclusion
Le style de Boudin est nettement Impressionniste, même si l’artiste n’appartient pas au mouvement.
Boudin est de nature discrète, sa personnalité le limite mais donne à son œuvre une dimension émotive unique.
Le port de Bordeaux attirera l’intérêt du port de Bordeaux pour d’autres artistes, comme Daubigny, Gauguin ou Manet







