Guess Art
Le regard sur la trace de la lumière suit le désir du peintre, jusqu’à l’âme du tableau
Chaque semaine je propose un tableau :
Les quatre premiers jours de la semaine je poste des détails du tableau, le vendredi le tableau et le samedi un commentaire sur le tableau.
Le dimanche je poste un ou plusieurs tableaux en rapport avec le tableau de la semaine.
Le concept : trouver le tableau le plus tôt possible dans la semaine.
Si vous trouvez le tableau dès le lundi, vous êtes très fort.
Bravo !
Pour ceux qui cherchent, je donne un indice, en milieu de semaine, sur mes comptes Instagram et Facebook qui portent le même nom que le blog : lumieresdesetoiles
Attention : au pluriel et sans accent...
Bon voyage dans les lumières des étoiles !
Each week there will be a painting that is revealed detail-by-detail :
The first four days of the week, I'll be posting fine details of the painting which will ultimately be revealed on Friday;
On Saturday, I'll be posting a commentary on the work of the week.
Finally, on Sunday, I'll be posting a couple of related works to frame the context, history, or style of the painting of the week.
The challenge: to identify the painting in the shortest time possible.
If you've met the challenge by Monday, you are indeed quite the connoisseur!
Bravo !
For those interested in the challenge, I give an additional hit in the middle of the week on my Facebook and Instagram accounts, which go by the same name as the blog: lumieresdesetoiles.
Adoration des bergers – 1534 Lotto
Lorenzo Lotto (1480-1556)
Adoration des bergers
1534
Huile sur toile
Dim 147 x 166 cm
Conservé à Brescia, Pinacoteca Civica Tosio Martinengo
Le peintre
Contemporain de Titien, Lorenzo Lotto est un grand peintre italien de la première moitié du XVIe.
Il voyage beaucoup, comme un artisan, de chantier en chantier. Il possède une solide culture religieuse et humaniste.
Lotto se démarque de la peinture vénitienne de son époque.
À Venise il apprend aux côtés de son ami Titien. Lotto est influencé par les œuvres de Giovanni Bellini, de Léonard de Vinci et de Giorgione. Il s’inspire de la grâce du Corrège et des couleurs des écoles du Nord de Dürer et Holbein.
C’est un portraitiste de grand talent, il fait preuve d’une grande finesse d’observation.
Lotto repart pour le Nord d’abord à Trévise en 1503.
Après un passage à Rome en 1509 où il travaille au palais du Vatican avec Raphaël, il s’installe à Bergame de 1513 à 1525.
Bergame correspond à sa période la plus créative. Il humanise les églises de la ville celles, de Santo Spirito, de San Martino et de Celena avec ses anges sveltes et musclés.
De 1525 à 1549, il demeure à Venise.
En 1550, il perd la voix et en partie la vue.
En 1552, il se retire dans le monastère de Lorette, dans les Marches.
En 1554, Il devient frère convers.
Il restera dans ce monastère jusqu’à sa mort.
La vie de Lotto s’est déroulée sur un fond historique tragique.
Il résidait à Bergame lors de l’intrusion des troupes impériales et le Sac de Rome. Il vécut assez longtemps pour connaître la Contre-Réforme artistique qui accompagna le Concile de Trente (1545-1563).
Le tableau
Lotto illustre un épisode biblique concernant la naissance de Jésus.
L’enfant jésus vient de naître à Bethléem et les bergers viennent lui rendre hommage.
Saint Luc rapporte l’événement dans son Évangile (2 :8-20).
Des bergers proches de Bethléem sont informés par des anges de la venue du sauveur : « Aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur qui est le Messie, le Seigneur. » Les bergers décident de se rendre à Bethléem pour vérifier les paroles de l’ange. Ils sont accueillis par Marie et Joseph et se prosternent devant l’enfant Jésus.
La grande simplicité du récit biblique a été magnifiée dans de multiples illustrations artistiques dès le Moyen-Âge.
Lotto dans ce tableau fait un portrait familial.
IL représente la famille Gusson, prêtant aux bergers, à la vierge et aux anges les traits des frères, de la femme de l’un d’eux et de leurs filles.
À l’époque de Lotto il était d’usage de représenter des portraits dans un contexte biblique.
Composition
Le décor est minimalisé pour se concentrer sur les expressions des personnages.
Marie est sur le coté gauche du tableau comme Joseph et l’âne. Elle est en adoration devant son fils qui occupe le centre du tableau.
Les bergers sont prosternés à droite du tableau, dans leur dos se tiennent deux anges porteurs de la nouvelle.
Dans l’espace dégagé au-dessus de l’enfant Jésus apparait la tête du bœuf.
Marie, l’enfant Jésus et les deux bergers sont représentés au premier plan.
Dans leur dos, au second plan et de la gauche à la droite du tableau, on trouve Joseph, l’âne et le bœuf et les deux anges.
Un élément d’architecture constitue l’arrière-plan, ce sont les boiseries de l’étable. À gauche du tableau, elles ménagent une grande ouverture avec un auvent de chanvre qui repousse le fond du tableau et apporte de la profondeur. Par cette ouverture, on découvre un ciel bleu avec un soleil lumineux voilé par de petits nuages qui tempèrent le bleu du ciel. À droite de la composition, une arcade délimitant une stalle découvre une fenêtre dans sa partie haute.
Cette fenêtre est remarquable. C’est une ouverture en forme de carré découpé par un barreaudage en forme de croix. Le volet intérieur est ouvert mais pas rabattu sur le mur, sa position donne de la profondeur à une composition très ramassée. Par cette ouverture sur le ciel bleu, un puissant rayon de lumière pénètre dans l’étable. Il est presque surnaturel. Lotto l’a matérialisé en diluant les couleurs sur son passage.
Il y a deux sources de lumière dans ce tableau, l’entrée de l’étable et la fenêtre. Les rayons du soleil levant illuminent la composition et finissent leur course sur l’enfant Jésus.
Le premier plan est très clair et le second plan pas vraiment obscur.
L’enfant jésus est au centre de la composition, au croisement des deux lumières et au croisement de tous les regards -sauf un, celui d’un ange qui s’adresse à nous.
Le tableau est légèrement en contre-plongée par rapport au spectateur.
Le visage de la vierge est pâle, fin et distingué.
Chaque personnage a sa posture, ces différences dynamisent la représentation.
Les personnages sont très dessinés.
Le trait est précis, les couleurs sont lumineuses.
Les bleus, les rouges, les jaunes des vêtements dans toutes leurs nuances animent le tableau, c’est un régal.
Analyse
L’objectif du tableau est de stimuler la sympathie du spectateur en l’invitant à ressentir l’émotion de la vierge et des bergers.
Ce qui caractérise cet épisode c’est sa grande modestie.
Lotto s’attache à reproduire la réalité et l’apparence de la vie.
Le classicisme avec son harmonie idéale constitue pour lui un leurre inacceptable.
Son style emprunté à Titien, à Raphaël et au maniérisme, fait ressortir l’humanité des personnages et leurs états d’âme.
Lotto peint d’une manière précise avec un goût pour les détails.
Il impulse un souffle de réalité en mettant du sentiment dans les gestes de ses personnages.
L’attitude de l’enfant Jésus tendant les bras vers l’agneau est extrêmement touchante et d’un grand naturel.
Tous les regards sont tournés vers l’enfant, sauf celui de l’ange qui nous interpelle. Lotto est le peintre de l’âme.
La scène est représentée dans un milieu rural, la simplicité des lieux sied à la piété et aux personnages. Les personnages sont peints tels que le peintre les voit.
Il n’embellit pas.
On note les détails de la couche de l’enfant Jésus, l’osier du panier, les brins de paille, et on ressent une infinie tendresse.
En sollicitant notre émotion, Lotto donne au geste de l’enfant une autre dimension, il devient un signe allégorique et allusif de la mort du Christ.
Tissé par la lumière qui traverse le tableau et fuse de l’entrée de l’étable et de la fenêtre, le message spirituel passe, présageant symboliquement de la destinée de Jésus.
Jésus tend les bras vers l’agneau et l’agneau devient l’agneau pascal.
D’autre part les bergers ont une puissance symbolique. Ils incarnent les gens simples, ils sont les premiers informés par les anges de la naissance de l’enfant Jésus, les premiers à le voir et à porter le message de sa venue.
Cette œuvre dégage à la fois, une douce joie et une grande sérénité.
Les couleurs chatoyantes, la beauté du visage de la vierge drapée de bleu, sont un enchantement.
Les contrastes chromatiques sont réjouissants.
Que nous transmet le regard de l’ange. Nous sommes devant une scène intime, sommes-nous invité…
On n’entre pas dans ce tableau, notre regard glisse.
Je me souviens d’avoir observé ce tableau avec précaution, avec le souci de ne pas perturber l’harmonie, de laisser l’émotion m’envahir et, comme les personnages, de poser mon regard sur l’enfant.
J’ai senti le souffle chaud du bœuf, l’odeur âcre de la laine de l’agneau et, à travers l’expression du beau visage de la vierge, la profondeur de son âme.
Ce tableau est conservé dans un musée de Bergame, mais beaucoup de tableaux de Lotto sont toujours in-situ, préservés du temps qui passe dans la pénombre des églises de Bergame. Et quand on s’approche de ses œuvres, on sent vibrer l’esprit de Lotto.
Voyagez à Bergame pour voir ces tableaux d’une grande beauté et toucher du doigt cette magie picturale.
Les représentations de Caravage (1609) et de Georges de la Tour (1645) sont également remarquables pour leur dépouillement et leur intensité. Le tableau de Caravage reprend les effets de nocturne de Lotto et on retrouve son réalisme.
Après Lotto, il faudra attendre les frères Carrache et Velázquez pour voir ressurgir en Italie les scènes de genre qu’avait connues le Moyen-Âge et ignorées la Renaissance.
Conclusion
Lotto l’incompris, le scrutateur d’âmes, au style trop novateur pour son époque la Renaissance, est un formidable portraitiste du XVIe.
Lotto n’a pas eu d’atelier ni de disciple. Son œuvre n’a jamais été copiée, contrairement à celle de Titien ou de Véronèse.
La reconnaissance universelle se fera attendre.
Lorenzo Lotto inclassable auteur de fresques, de peintures d’autel, d’allégories profanes, de portraits est contemporain de Titien qui l’a éclipsé.
Pendant plusieurs siècles, Lotto, cet authentique grand peintre, s’est évanoui.
Bien que Vasari l’évoque dans sa réédition de ses Vite, en 1568.
Oublié au XVIIe et XVIIIe, Lotto sort d’un long sommeil à la fin du XIXe.
En 1895, c’est un jeune historien d’art américain, Bernard Berenson qui l’a remis dans la lumière en publiant sa première biographie.
Les expositions de 1953 au palais des Doges et de 1983 à Londres ont donné une vue d’ensemble de ses créations (plus de cent tableaux) et l’ont réhabilité.
Plus récemment, en 2018-2019, le Prado de Madrid et la National Gallery de Londres ont rendu justice à l’importance de Lorenzo Lotto.
le tableau : Adoration des bergers – 1534 Lotto
noël – L.Lotto
adoration – L.Lotto
prosternation – L.Lotto
annonciation – L.Lotto
Le déjeuner sur l’herbe – 1863 Manet
le buveur d’absinthe – 1859 Manet
Le chemin de fer – 1872-73 Manet
Manet (1832-1883)
Le chemin de fer
1872-73
Huile sur toile
Dim 212 x 276 cm
Conservé à Washington, National Gallery of Art
Le peintre
Fils d’un magistrat fortuné, Manet intègre en 1850, l’atelier parisien du peintre académique Thomas Couture.
Il passe six années d’apprentissage à copier les œuvres du Louvre.
Manet se forme par la fréquentation assidue des grands musées d’Europe. Il admire entre tous Vélasquez, dont ses premières toiles sont inspirées.
Comme le Buveur d’absinthe -1859 ou le Chanteur espagnol -1860
Si ses expositions indépendantes de 1863 et 1867 et son intérêt pour la vie moderne influencèrent les impressionnistes, il n’exposa jamais à leurs côtés, présentant ses œuvres au Salon de Paris.
Au début des années 1870, Manet se consacre à des scènes de la vie moderne, abandonnant les références à l’histoire de l’art.
Ses modelés rapides et sa touche esquissée reproduisent la manière dont l’œil appréhende une scène, donnant l’impression de saisir l’instant.
Peintre de la vie moderne, telle qu’il l’observait, Manet fut l’incarnation du flâneur arpentant les boulevards de Paris et le représentant des sujets quotidiens.
Le tableau
Ce tableau est un aperçu de la vie urbaine interprétée par Manet.
La jeune-femme assise est Victoria Meurent, le modèle de Manet qu’il a peint nue dans L’Olympia –1863 et Le déjeuner sur l’herbe –1868.
On est en 1873, et c’est la dernière fois que Manet peint son modèle.
La petite fille est probablement la fille du voisin de Manet, Alphonse Hirch.
La scène est située dans le fond du jardin de l’immeuble d’Alphonse Hirch, place de l’Europe à Paris. Un haut garde-corps de fonte sépare le jardin de la voie de chemin de fer qui mène à la gare Saint Lazare, en contre-bas.
Composition
Ce tableau met en scène deux personnages, un chien et un train.
Une jeune-femme regarde vers nous, elle feuillette un livre posé sur ses genoux. Un petit chien, également sur ses genoux, est lové dans le creux de son bras. Une fillette est debout aux côtés de la jeune-femme et observe la fumée dégagée par les locomotives qui rentrent en gare. Ses mains empoignent les barreaux du garde-corps, tout à son plaisir de regarder les locomotives, elle nous tourne le dos.
Le cadrage est très serré, les personnages occupent le premier plan.
Une grille faite de hauts barreaux posés à intervalles réguliers, délimite le premier plan et occupe toute la surface du tableau. les barreaux poussent les personnages contre nous. L’effet est oppressant.
Au second plan, sur la droite du tableau, on distingue en amorce, les grilles du nouveau pont de l’Europe et sur la gauche du tableau, l’entrée d’un immeuble tout neuf.
Le milieu du tableau est envahi de fumée. La vapeur d’eau dégagée par les locomotives, cache les voies ferrées et les trains qui circulent en contre-bas.
Il y a deux points de vue dans ce tableau.
La jeune-femme est représentée en contre-plongée alors que les voies ferrées sont vues en plongée. Notre regard est stabilisé par les barreaux imposants.
La répétition des lignes parallèles des barreaux de la gare Saint Lazare encre les personnages dans l’espace.
La fumée envahit tout le second plan.
Elle cache la vue, gomme la profondeur et les volumes.
La composition est plate, la fumée anéantie la perspective.
Comme dans le Déjeuner sur l’herbe, Manet, dans cette composition, annule la perspective.
Les deux personnages sont en décalage, dans leur pose, l’une est assise et de face, l’autre est debout et de dos ; le trait est flou pour la jeune-fille et précis pour la jeune femme ; la jeune-fille porte une tenue d’été et la jeune-femme une tenue d’hiver. La jeune-fille porte une robe blanche avec un large nœud bleu et ses cheveux attachés haut, dégagent sa nuque. La jeune-femme est vêtue de bleu foncé, elle porte un petit chapeau noir fleuri, et ses longs cheveux roux couvrent ses épaules.
Il n’y a pas d’ombre dans ce tableau. Les couleurs claquent.
La scène est purement plastique.
La vapeur d’eau changée en nuage moutonneux éclabousse la toile de lumière.
Les contours du visage de la jeune-femme comme la ligne du cou de la jeune-fille sont très dessinés, la peau de la jeune-femme et ses vêtements sont soulignés d’un fil noir.
Manet utilise les contrastes de couleurs et juxtapose les tons clairs pour l’une et sombres pour l’autre ; le flou pour l’une et les contours précis pour l’autre.
La gamme chromatique est sobre, elle déploie des tons froids, le blanc de la robe est un éclat de fraicheur. Le roux de la chevelure est l’unique ton chaud.
Le mélange de vert de rouge de bleu de blanc des fleurs du chapeau apporte une note de gaité.
La facture est énergique. Les touches de pinceau sont apparentes.
Analyse
Manet peint des tableaux réalistes qui révèlent son âme de poète.
Ces personnages sont vivants, ils habitent le tableau tout entier.
Le chemin de fer est réduit à un concept, la vapeur d’eau.
Dans cette scène tirée du quotidien, une ambiguïté délibérée incite aux conjectures : Le cadrage très serré ne permet pas de déterminer si la femme et l’enfant sont ensemble ou non.
Les deux personnages se connaissent-ils ?
La jeune femme attend-t-elle un rendez-vous ?
Les convenances voulaient qu’une jeune-fille de la bourgeoisie ne se promène pas seule. La jeune-femme serait son chaperon. La proximité physique des deux personnages le laisse penser.
La jeune-femme nous fixe avec cette insistance du regard qui existait déjà dans Le déjeuner sur l’herbe -1863 et L’Olympia -1863 et qu’on retrouvera plus tard dans Bar aux Folies Bergères -1881-82.
En réalité c’est Manet entrain de la peindre qu’elle fixe et donc le peintre qui nous dévisage par effet miroir.
Manet peint le Paris moderne.
Pour être en accord avec ses amis, Baudelaire, Mallarmé et Zola, Manet encre ses tableaux dans son époque. Manet a la perception de la société nouvellement industrielle. Le monde humain et terrestre à mille lieux de la nature antique.
Manet peint les détails, la grappe de raisin posée sur le muret nous donne la date, nous sommes en septembre.
Au premier plan, la jeune-femme porte une tenue parisienne de l’automne 1873, son chapeau orné d’un bouquet de fleurs est à la pointe de la mode.
La jeune-fille représente l’avenir
.Au second plan, Manet évoque le progrès technique avec à droite du tableau, l’amorce du nouveau pont de l’Europe et, à gauche du tableau, la porte d’entrée de son atelier, situé dans un nouvel immeuble haussmannien et au centre, la locomotive. Représenter le train par un nuage de fumée est d’une grande poésie.
Le chemin de fer exprime la poésie de la vie moderne.
Manet s’empare de ces sujets.
Le chemin de fer est l’expression d’une société toute neuve où les foules vont à l’opéra, fréquentent les cafés et déjeunent sur l’herbe.
On ne voit pas les voies ferrées, seulement la vapeur blanche dégagée par les locomotives. La jeune fille s’amuse à guetter les trains.
Elle est de dos, face aux barreaux, elle observe, intriguée.
Le chemin de fer, s’il est évoqué dans le titre est invisible pour le spectateur. C’est un concept. Il occupe le centre du tableau et il est invisible !
Manet peint un moment de vie, un instant. Le train passe.
Ce tableau sans profondeur renvoie une image abrupte.
Le regard de la jeune-femme nous interpelle et nous tient éloigné de la grille.
Manet nous parle de la solitude de l’expérience urbaine moderne.
Manet peint le nouveau Paris haussmannien en exprimant sa modernité et sa poésie. Il peint les changements du monde, la vie contemporaine des débuts des années 1870.
Conclusion
Ce sont le désengagement et l’anonymat des modèles qui caractérisent la modernité des œuvres de Manet.
Manet ne peignait que ce qu’il voyait, par respect pour la réalité.
Bien qu’influencé par le romantisme et le modernisme, Manet est d’abord un peintre réaliste qui enrobe ses tableaux de poésie.
Admirateur du naturalisme français de Flaubert et surtout de Zola, Manet peint la quotidien et l’environnement bourgeois de son époque, en cherchant l’objectivité et en mettant en lumière les mutations de la société.
La facture classique des tableaux de Manet, leurs dessins linéaires et les contrastes des noirs et des blancs sont une source d’inspiration pour les jeunes peintres que sont Monet, Renoir et Cézanne.
Manet a ouvert la voie à la peinture démocratique et aux impressionnistes.







