Tissu de soie polychrome sogdienne – VIIIe –

Tissu de soie

Lions 

VIIIe siècle 

Soie polychrome sogdienne
Dim 46 x 63 cm

Conservée en Asie Centrale à Boukhara en Ouzbékistan 

 

 

Les Sogdiens 

Les Sogdiens étaient les principaux fournisseurs de soie le long de la route de la soie, et aussi les meilleurs tisseurs.

Ce fragment de soie sogdienne provient sans doute de Boukhara, dans l’actuel Ouzbékistan.

Il représente deux paires de lions qui s’affrontent dans deux médaillons circulaires, motif suggérant une forte influence sassanide.
Les couples de chiens sont typiques des artistes du Proche Orient aussi bien que ceux de Chine.

 

 

Les Sogdiens : marchands de l’Asie Centrale 

Les sogdiens constituaient une société de marchands par excellence de l’Asie centrale, et leur art et leur architecture ont fini par symboliser la nature même de la route de la soie.

Depuis leur territoire, situé à cheval sur l’Ouzbékistan et le Tadjikistan actuels, les Sogdiens jouèrent un rôle capital dans le développement des échanges culturels et artistiques entre l’Asie centrale, la Perse (l’Iran moderne), l’Inde et la Chine.

Le sogdien, leur langue d’origine iranienne, devint la lingua franca du commerce de la route de la soie, et affecta les alphabets et les langages de toute la région.
La colonie de Samarcande allait devenir l’une des plus belle ville du monde antique, grâce à l’opulence  sogdienne provenant de la route de la soie.

Entre le IVe et le VIIIe, les Sogdiens constituèrent l’une des communautés de commerçants les plus importantes le long de la route de la soie en Asie centrale.
Selon les textes chinois, la richesse des Sogdiens provenait d’abord de leurs activités commerciales avec la Chine, l’Inde, la Perse et Byzance.

Ils étaient connus comme marchands de pierres précieuses, d’épices et d’ivoire, et facilitaient par leur présence les déplacements des artisans, des musiciens et autres artistes.

La soie était l’un des biens les plus échangés, qu’il s’agisse de soie chinoise échangée avec l’Occident ou bien de soie sogdienne vendue en Chine.
De plus, la situation géographique de la Sogdiane était idéale pour commercer avec les tribus pastorales nomades des steppes du Nord.

Des textes sogdiens comme les Lettres anciennes, découvertes au début du XXe par l’explorateur anglo-hongrois sir Aurel Stein, prés de Dunhuang, en Chine, indiquent la présence de colonnes sogdiennes dans plusieurs villes le long de la route de la soie dès le IVe.
Une forme de zoroastrisme était profondément enracinée en Sogdiane, mais contrairement à ses voisins perses, la société sogdienne ne comptait pas de caste de prêtres, et le zoroastrisme ne devint jamais une religion d’État.
De fait, il existait dans la région d’importantes communautés de « manichéens » (religion gnostique iranienne) et de chrétiens nestoriens.
Dans leur diaspora, le long de la route de la soie orientale, certains marchands sogdiens ont pu adopter le bouddhisme, comme l’indique le grand nombre de textes bouddhistes traduits du chinois en sogdien.

Les richesses provenant des activités marchandes des Sogdiens étaient utilisées pour embellir les quartiers résidentiels et administratifs des villes comme Samarcande et Pendjikent avec de grandes fresques dont la plupart décrivent des scènes de banquets relatant des récits héroïques relatifs aux aristocrates sogdiens.

Plutôt profanes par nature, les œuvres d’art de Sogdiane, et en particulier les soieries, sont très syncrétiques, et démontrent le mélange des influences artistiques et des courants culturels dans les régions de la route de la soie ; les motifs d’Asie centrale sont mélangés  à des éléments et à des concepts de provenance aussi lointaine que la Perse, l’Inde, la Chine et l’Ouest.

Les sogdiens combinèrent avec génie ces différents composants pour créer des œuvres d’art uniques.

La Sogdiane de l’antiquité fait figure de parent pauvre en Asie centrale.
Certes c’est une terre de riches oasis, bien irriguées, mais c’est une cousine provinciale des brillantes civilisations parthes, en Iran, ou l’empire des Grands Kouchans qui s’épanouissait au sud-est, sur le territoire de l’actuel Afghanistan et de l’Inde du Nord.
Rien ne semblait la prédisposer à devenir le centre du grand commerce international.
À partir du Ve, Samarcande est le point de passage obligé.

 

L’âge d’or des communautés des marchands sogdiens se situe entre le Ve et le VIIIe, et constitue un lien commercial et culturel entre le monde iranien et le monde chinois et entre le monde chinois et le monde turc.

Les sogdiens suivent le mouvement initié par les puissants marchands kouchans, véritables créateurs de la route de la soie. C’est dans le cadre de l’empire kouchan que le bouddhisme commence son expansion vers la Chine.

La constitution des réseaux sogdiens remonte au plus tôt à la fin du IIIe av.J.C.
Les réseaux sogdiens ne sont pas exclusivement de nature commerciale, ils recouvrent et s’enrichissent d’une réalité plus complexe dans laquelle on retrouve les traditions culturelles du monde sogdien :  aristocratie chevaleresque, habileté diplomatique, souplesse religieuse, esprit d’aventure, etc.

C’est d’abord par des intermédiaires que les Sogdiens prennent connaissance du monde chinois, les Wusun, les Saka et les Yuzhi qui sont les fournisseurs de jade des Kunlun et de chevaux  à l’époque pré-impériale. Le peuples des Kunlun sont par ailleurs les fournisseurs de corail blanc, de lapis-lazuli ou de la turquoise.

Il existe ainsi une chaîne dès la haute époque, une chaîne pré-commerciale reliant les Zhou aux Yuri et ceux-ci à leurs voisins, le peuples des Kunlun, chaîne qui se prolonge vers l’Occident.

La chaîne chinoise pourrait se raccrocher aux producteurs de lapis-lazuli  ou de turquoise  et aux marchands de corail.
La date de transmission de ces toponymes aux Sogdiens remonte à l’époque de l’affirmation de Qin  comme principal royaume de la Chine antique entre la fin du IVe et le milieu du IIIe av.J.C. (221-206 av.J.C.)

Au début les sogdiens, sans véritable structure éthique unitaire en sont réduits à suivre les marchands parthes et bactriens qui négocient avec les caravaniers chinois.

Les marchands sogdiens s’implantent en Inde du Nord-Ouest, région dont ils feront une nouvelle base de départ pour étendre leur réseau vers les États hindouisés et de là vers la Chine (qui comprenait à l’époque le Vietnam).
Ces réseaux semblent plus à caractère religieux que commerciaux.

Les grandes invasions (vers 350-450) marquent un repli sur la Sogdiane géographique et la constitution dans cette région d’une base majeure du commerce sogdien. C’est de là, que progressivement les réseaux vont se réorganiser vers le Nord et l’Est, en Chine occidentale au Ve.
Le déplacement des réseaux sogdiens au nord de la Caspienne et dans la steppe russe marque un basculement vers l’Ouest d’un monde profondément influencé par l’Orient.

Les produits qui faisaient l’objet d’un commerce sogdien sont l’or, l’argent-métal, le poivre, le camphre, les vêtements de chanvre, les « tissus de poil », le vin, le riz et le blanc de céruse.

Dans les régions qui, entre le IIIe et le VIIe, échappaient peu ou prou à la tutelle chinoise, le Hexi occidental et le bassin de Tarim, la circulation monétaire était liée au système monétaire sassanide en usage chez les Sogdiens et autres Hu, mais durant cette période et jusqu’à la reconquête Tang, ces régions ne peuvent être désignées comme parties de la Chine. Quand ces régions redeviennent chinoises sous les Tang, la circulation des pièces d’argent régresse puis disparaît au profit des sapèques de cuivre comme le montrent parfaitement les documents de Tourfan.

Dès le IIIe et le IVe, les sogdiens  concurrencent leurs maîtres sur la route de Chine. Un groupe de documents retrouvés au  début du siècle dans le désert du Taklamakan, montre l’existence en 313 de tout un  réseau de marchands sogdiens établis dans toutes les villes étapes qui s’égrènent entre les grandes villes chinoises et Samarcande.

Peu après, les Huns, partis de l’Atlas, s’abattent sur l’Asie centrale, tandis que d’autres  hordes atteignent l’Europe. Ils conquièrent aisément la Sogdiane et modifie radicalement l’histoire économique de ces régions.
La Sogdiane, qui a su plier, s’impose à partir du Ve comme le principal centre de peuplement et de richesses de l’Asie centrale et domine le commerce caravanier.

Durant la période qui suit, les sogdiens sont par excellence les marchands de l’Asie intérieure.
Durant l’apogée de la route de la Soie, du Ve au VIIIe, les sogdiens contrôlent presque exclusivement le grand commerce caravanier entre la Chine et l’Ouest.
La langue sogdienne est la langue de la diplomatie et des bazars depuis Byzance jusqu’à la Chine.
En Crimée, loin à L’ouest, ces marchands fondent la ville de Sogdaia -aujourd’hui Sudak- sous protection des Turcs, pour mieux avoir accès au marché byzantin.
La Chine est l’autre destination favorite des marchands sogdiens, avec la steppe des Turcs,
Lorsque la Chine entreprend la conquête de l’Asie centrale, au VIIe, ce sont les sogdiens qui ravitaillent ses armées.

À partir du début du VIIIe les armées musulmanes se heurtent à une résistance farouche de l’aristocratie sogdienne alliée aux Turcs. Ces troubles militaires ruinent le pays autant que la rupture du commerce caravanier.
L’intégration définitive au monde musulman aura lieu à partir des années 820 et surtout 840 lorsque la disparition du dernier Empire ouïgour de Haute Asie met fin à tout espoir de revenir à l’âge d’or antérieur.

Une nouvelle synthèse s’élabore à partir du IXe qui doit fort peu au passé sogdien et beaucoup plus à l’Iran et au monde arabe.

Le passé sogdien s’efface rapidement tandis que naissent ou travaillent sur l’ancien territoire de Sogdiane les plus grandes gloires des sciences ou de la poésie persane.

Laissées à leur sort, les communautés sogdiennes éparpillées le long de la route de la soie désormais fort peu fréquentée s’intègrent aux milieux locaux.

 

 

 

Conclusion 

Les Sogdiens étaient les habitants des vallées fertiles des actuels Ouzbékistan et Tadjikistan, et notamment de celle du Zérafchan, la rivière de Samarcande et de Boukhara. Ce peuple, parlant une langue iranienne, possédait une identité propre que l’on peut suivre durant au moins quinze siècles, approximativement entre 500 av.J.C.  et 1000. Bien que les Sogdiens aient bâti des villes aussi célèbres que Boukhara, Samarcande ou, à un moindre degré, Tachkent, ils sont inconnus du grand public. 

Seuls les spécialistes de la route de la Soie savent qu’ils furent les principaux intermédiaires du commerce au premier millénaire de notre ère.

 

 

 

 

Sources :
Article de la revue Numismatique de François Thierry -2005 : Autour d’une histoire des marchands sogdiens
Texte d’Etienne de la Vaissière -2004 : Les Sogdiens, un peuple de commerçants au cœur de l’Asie 

Déesse et musicien céleste – Ve siècle

Déesse et musicien céleste 

Ve siècle 

Peinture sur mur
Dim H : 203 cm

Originaire de nord-est de la Chine

 

 

La fresque 

Cette fresque représente un musicien céleste jouant aux côtés d’une déesse qui l’écoute attentivement.
Tous deux portent des signes distinctifs des créatures célestes : couvre-chef élaborés, lobes d’oreille allongés et halos.

Le bleu et le vert vifs de leurs vêtements contrastent avec les tons mats de l’arrière-plan, une caractéristique commune de l’art du kizil, au nord-est de la Chine, d’où provient cette œuvre.
Les bijoux et les rubans flottants rappellent l’art de la Perse sassanide (l’actuel Iran), tandis que l’iconographie et la composition viennent de l’Inde.

Le rendu stylisé de l’espace, avec des gouttelettes de fruits et de fleurs, est caractéristique de l’art local.

 

 

L’art bouddhiste de la route de la soie 

La route de la soie ne désigne pas seulement une route mais un réseau de voies de communication à la fois terrestres et maritimes, ayant mis en contact dès l’Antiquité les contrées lointaines de l’Orient et de l’Occident.

Au total, la route de la soie couvre une distance d’environ 7000 kilomètres depuis la capitale chinoise Xi’an jusqu’à la Méditerranée.

La redécouverte, au XXe, des sites et des temples bouddhiques, l’arrivée dans les musées occidentaux de documents et vestiges divers vont accroitre l’engouement pour ces cultures.

Le réseau de voies qu’on appelle « route de la soie » est lié aux routes de l’encens, de l’ivoire et des épices et traverse de nombreux pays comme la Chine, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Inde, l’Iran, la Syrie et la Turquie, avant de traverser la mer Méditerranée et d’arriver jusqu’à nous.

Ces réseaux mettant en contact des peuples et des civilisations fort différents, permirent non seulement des échangent commerciaux mais aussi philosophiques, religieux, scientifiques, culturels, esthétiques et techniques.

Le long de ces axes se créent progressivement de grands relais bouddhiques.
Ces monastères bouddhistes offrent l’hospitalité aux voyageurs et aux marchands. Les monastères se constituent ainsi des fonds qu’ils reconvertissent en œuvres d’art. Les grottes de l’oasis de Dunhuang le montrent.

L’importance culturelle de la route de la soie, ce réseau d’échanges qui s’étendait dans toute l’Asie depuis la Chine jusqu’à la Méditerranée, apparait non seulement dans les biens échangés mais aussi dans les idées et les influences qui furent transmises et transformées grâce à elle.

Parmi celles-ci se trouvait le bouddhisme, qui se répandit depuis son berceau en Inde le long de la route de la soie vers l’Asie centrale et la Chine.

À mesure que grandissait sa popularité, le bouddhisme, tout comme l’art qui y était lié, connut des changements fondamentaux, reflétant la grande diversité de son laïcat grandissant.

Le bouddhisme remonte à Siddhartha Gautama, prince indien du VIe av. J.C. qui abandonna sa vie de luxe pour partir en quête de vérité spirituelle et devint l’illuminé, ou Bouddha.
Après sa mort, son enseignement fut recueilli et diffusé par des disciples errants jusqu’à devenir une institution.

Très tôt, le bouddhisme attira l’intérêt des dirigeants séculiers qui y voyaient une opportunité d’acquérir une dimension spirituelle pour consolider leur pouvoir.

Le grand roi indien Ashoka fut longtemps considéré comme le premier protecteur du bouddhisme. Il aurait envoyé des émissaires porter des enseignements du Bouddha au Sri Lanka, en Asie centrale et en Chine.
Bien que cet appui royal ait certainement consolidé l’influence du bouddhisme, les institutions monastiques bouddhistes étaient en général fondées et entretenues par les dons des gens du peuple, comme le suggère le grand nombre d’inscriptions dédicatoires mentionnant le nom des moines, nonnes, commerçants et autres particuliers.
Le rôle des marchands fut très important dans l’extension géographique du bouddhisme, car ceux-ci financèrent l’édification de monuments et d’instituts bouddhistes dans les centres politiques et économiques importants des routes commerciales.

Dès les premiers siècles de l’ère chrétienne, l’Asie Centrale devint le lieu privilégié des rencontres et des échanges entre les cultures asiatiques et les cultures méditerranéennes par l’intermédiaire des civilisations du Proche Orient. 

Le bouddhisme était fermement établit en Asie centrale.
En Chine, les premières traces du bouddhisme datent du 1er av. J.C.
Explorateurs et archéologues ont découvert des centaines de sites bouddhistes, richement décorés de statues, bas-reliefs sculptés  et tableaux illustrant la philosophie de cette religion.

Les conquêtes d’Alexandre le Grand constituèrent le premier contact historiquement avéré entre la civilisation grecque et l’Orient. 

Ces conquêtes qui menèrent le Macédonien successivement en Perse, puis en Asie centrale et enfin jusqu’aux limites de l’Inde furent à l’origine des premiers rapports durables entre le monde indien et le monde grec.
Ce n’est qu’après le départ des armées d’Alexandre, que le roi Açoka, qui était le fils de Chandragupta est considéré comme le premier souverain converti au bouddhisme. Il étendit ses propres conquêtes sur tout le nord de l’Inde et favorisa la diffusion du bouddhisme à l’intérieur et à l’extérieur de son empire. Après Açoka le bouddhisme se diffusa massivement en Asie, vers le nord comme vers le sud, en empruntant les routes commerciales. 

À mesure que le bouddhisme se répandait hors de son berceau, il ne cessait d’adapter son langage visuel aux environnements culturels qu’il rencontrait.

Le carrefour que constituait la région du Gandhâra, par exemple, vit l’essor d’un art bien distinct qui combinait avec grâce des éléments indiens, gréco-romains  et iraniens dans des styles nouveaux et adaptés aux goûts locaux, à la fois pour attirer les fidèles et faciliter visuellement les apprentissages bouddhistes.

L’expansion vers l’est de l’Empire sassanide au IIIe av. J.C. eut également une influence dans les arts d’Asie centrale, qui se refléta par exemple dans l’art bouddhiste de Bamiyan où les traditions iconographiques du bouddhisme indien, combinées à des éléments dérivés du style de Gandhâra, se mêlèrent à ceux originaires de la Perse sassanide.
Ce style hybride se retrouve également dans les œuvres découvertes dans l’ancienne province du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine, par exemple dans les grottes de Kizil.

Dans la seconde moitié du 1er millénaire , les cultures sédentaires des oasis d’Asie centrale, d’abord en majeure partie indiques et iraniennes, se mélangèrent avec celles de tribus turques, comme les Ouïgours, et intégrèrent également les traditions artistiques chinoises largement répandues de l’époque des Tang.
La position de la région en tant que carrefour panasiatique et creuset culturel se trouva ainsi consolidée.

En allant plus encore vers l’ouest on passe à l’Iran, à l’Irak, à la Syrie, à la Turquie, au Liban, à la péninsule arabique, à l’Égypte et l’on arrive finalement à la Grèce puis à Rome. Lorsqu’on remonte aux origines de la culture orientale, on s’aperçoit que la culture du Moyen et du Proche-Orient s’est étendue à l’Europe et s’est répandue de manière très large sur tout le continent eurasiatique.

Pour preuve, les piliers en bois du monastère Hôryû-ji, édifié à Nara au VIIe, offrent des ressemblances avec les colonnes renflées au tiers de leur hauteur des temples grecs. De même, les peintures murales à thème bouddhique qui ornaient la pavillon principal de ce monastère présentaient des dessins qui rappellent le motif décoratif composé de rangées de perles, issu de la culture de la Perse sassanide.

La chine médiévale en plein essor intellectuel se traduit sur la route de la soie par des échanges commerciaux et intellectuels. La circulation de copies, de traductions et l’adaptation d’objets et de concepts prennent place dans la conscience populaire sous forme de textes, d’images, de rituels et de savoirs.
Le syncrétisme religieux est évident dans la  Chine des Tang, et la puissance du syncrétisme culturel, par la route de la soie, s’immisce lentement au cœur de la Chine.

À mesure qu’il s’est diffusé en dehors de l’Inde et à travers l’Asie, le bouddhisme s’est toujours adapté, intégrant un certain nombre d’éléments culturels et de traditions locales dans les pays qu’il a traversés. Il a incorporé des concepts, des rites et même des divinités, et s’est ainsi intégré très naturellement et harmonieusement à la vie des populations.

Le but du bouddhisme n’est pas de régir la vie des gens ou de les contraindre avec des dogmes, des préceptes ou des interdits religieux. Il vise à leur permettre d’acquérir une solide autonomie intérieure, afin que les hommes puissent œuvrer librement à leur propre bonheur et à celui des autres, et contribuer positivement à leur société.

Le bouddhisme nous exhorte à œuvrer à la création d’une société dans laquelle les gens se soutiennent pleinement les uns les autres dans cet esprit, afin de réaliser tout leur potentiel. Dès lors que cet esprit est établi, toutes les cultures et modes de vie sont valables.

Quelle est l’image des cultures et des religions orientales dans la pensée occidentale 

À travers les œuvres antiques, se dessine un « regard » de l’Occident sur l’Orient.
Hérodote est ses successeurs se firent l’écho des légendes colportées sur l’Asie.
Les grecs ont prêté une oreille attentive aux légendes sur l’Orient, ils se les ont appropriées en les interprétant conformément à leur représentation du monde.

Du 1er au VIIe le bouddhisme était particulièrement florissant dans toute l’Asie.
Mais la barrière des VIIIe et IXe voit une redistribution des forces socio-religieuses tant en Asie que dans le bassin méditerranéen.

En Orient, l’islam, apparu en Arabie au tout début du VIIe et se montra une religion conquérante, les Arabes s’appliquèrent à la conversion du Moyen-Orient, prirent Jérusalem, dominèrent la Perse et envahirent l’Europe par l’Espagne pour finalement étendre leur influence sur l’Asie orientale et l’Asie centrale.
À la même époque le bouddhisme réussit à s’implanter durablement en Asie du Sud Est et en Haute Asie. On assista alors à la naissance des premières royautés bouddhiques.

Au même moment en Europe, l’avènement du christianisme fut à l’origine d’événements qui créèrent les conditions d’une rencontre intime et durable avec le bouddhisme.
Les croisades menèrent les chrétiens au Moyen Orient ; il en résulta une augmentation des contacts directs avec les musulmans, qui ouvrit l’Occident à une meilleure connaissance de l’islam.

 

 

Conclusion

Les bouddhistes se sont toujours montrés respectueux des autres formes de croyances, en vertu des fondements éthiques de leur religion : l’altruisme, la compassion et la prohibition de la violence.

Le bouddhisme n’est pas seulement une religion contemplative. Comme les autres grandes religions universalistes, il a une dimension résolument missionnaire, ce qui lui a permis de se propager dans toute l’Asie, et d’être pratiqué par plus de 300 millions de personnes de par le monde.

 

 

Sources :
La route de la soie -article de D. Haumont et C. Van Linden -1999
Article de monsieur Ikuo Hirayama -2018 : À propos de l’héritage culturel de la Route de la Soie
Article d’Éléonore Caro -2018 : Savoir traditionnel et pratiques magiques sur la route de la soie
Le bouddhisme, religion missionnaire – Thèse de doctorat de Lionel Obadia.1996