Le goût du Sud

Le mur du jardin – 1910

Quand John Singer peint la chaleur, sa lumière dilue les formes

Le soleil est à son zénith
Les pierres et la terre chauffées à blanc crachent leurs sucs
Les cigales se sont tues
L’air se découpe au couteau 
Une mouche vole 

C’est le goût du Sud, le goût du soleil 

Mundus Patet

Cette mosaïque illustre le Mundus Patet célébré trois fois dans l’année, chez les romains, le 24 août, le 5 octobre et le 8 novembre.

Chez les étrusques le Mundus est une fosse circulaire destinée aux offrandes aux divinités souterraines. Ce puits défini par un équilibre entre l’axe vertical, les axes horizontaux et orthogonaux du monde, constitue, renversé, une image du ciel.

Les romains ont repris les rites étrusques.
Chez les romains le puits est creusé lors de la fondation de Rome par Romulus et correspondrait à l’emplacement occupé par l’Umbiculus Urbis Romae (nombril de la ville de Rome, situé sur le Forum Romain).

L’Umbiculus Urbis Romae  : Vestiges du noyau de briques -forum romain
-milieu du VIIIe av. J.C.

Le Mundus Patet commémore le moment où la fosse qui mettait en communication le monde des morts et celui des vivants était ouverte.

Ces jours-là, on ôte le lapis manalis (ou pierre manale) qui est le nom de la pierre rituelle qui ferme le puits.

Ces jours étaient dangereux car Mundus pouvait attirer les âmes des vivants.
Il était interdit de se battre, de prendre femme et les portes des temples étaient fermées.

Nos traditions religieuses ont perpétué ces rites ancestraux.

Joyeuse halloween !

Petit point sur les sorcières qui caracolent sur des balais …

 

Cette enluminure est extraite d’un manuscrit médiéval français, illustré par Martin Le Franc en 1451 et titré Le Champion des Dames

C’est à ce maître que l’on doit les premières représentations des sorcières à cheval sur des balais.

Le chapeau pointu, la peau verte, les verrues et le poil de barbe, viendront fleurir la sorcière au fil du temps.

Le maître du Champion des Dames est un enlumineur et cartonnier pour tapisserie du XVe. C’est un religieux né en 1410 et mort en 1461.
C’est un poète de langue française qui a travaillé hors de France au service de la maison de Savoie.

Son style particulier a permis d’identifier ses manuscrits.
Son œuvre principale est le manuscrit du Champion des Dames qui est un vigoureux plaidoyer où l’auteur prend la défense des femmes.

Il doit son nom à ce manuscrit :
Un poème en 472 huitains octosyllabiques à maître Martin le Franc son auteur.

Le sujet du manuscrit est,  les lamentations de son auteur Martin Le Franc qui n’a pas eu tout le succès qu’il espérait auprès des dames.

Ci-dessous trois miniatures extraites du Champion des Dames, suivies d’une illustration de sorcière du XXIe

Folio 56_2r.


Folio 413, r.
Catherine, Marie-Madeleine et Franc-Vouloir


Folio 437, v.
L’auteur Martin Le Franc

Et voilà la sorcière devenue … au XXIe !