Les Botteleurs de foin -J.F.Millet

Jean-François Millet (1814-1875)

 

Les botteleurs de foin

1850
Huile sur toile
56 x 65 cm
Conservé au Louvre

 

Cartel du Louvre

Jean-François Millet
Scène de genre
– mouvement réaliste – thème de la classe paysanne –
Contexte : la scène se situe dans la plaine de Chailly, où il n’y a ni verdure ni rivière et où la terre est rude.

 

Description :

Trois personnages sont occupés à leurs travaux des champs, une femme et deux hommes, la femme tient une fourche les deux hommes sont courbés entrain de lier les bottes

 

Composition

Au centre de la toile, trois personnages semblent être écrasés par les meules imposantes représentées à la gauche du tableau.

Le dessin est effacé

La lumière jaune est pesante. Elle installe de forts contrastes ombre-clarté, avec des rehauts blancs sur les chemises.

Le peintre utilise une palette à dominante ocre avec, pour les champs des bruns-verts, pour les vêtements du blanc et pour le ciel du gris coloré.

Le fond est diffus, la terre se dissout dans le ciel au loin.

 

Analyse :

Emblème du monde paysan.
C’est avec ce tableau qu’en 1850, Millet commence sa série champêtre.

Les origines paysannes de Millet expliquent son engouement pour les scènes champêtres qui sont l’essence même de son œuvre. Millet peint une réalité qu’il a côtoyée et restitue les gestes simples des paysans du XIX ème siècle. On perçoit leurs mouvements, leur travail quotidien, ordinaire.

Le peintre nourrit son pinceau de ses souvenirs d’enfance et des scènes qu’il observe à Barbizon, où il vit.

À propos des paysans de Millet, les critiques et les historiens de l’art soulignent
« la grandeur et la dignité » des figures.

Ce que l’artiste représente, c’est un monde paysan immuable, qui semble ignorer les mutations en cours (exode rural, mécanisation des campagnes, pénétration de la culture urbaine, évolutions morales…)

Millet est un peintre du quotidien. Les paysans sont au centre de ses tableaux, et Millet montre leur humanité, leur labeur acharné.
Il met en évidence et reproduit avec une grande précision les gestes des botteleurs, des vanneurs, des semeurs, des moissonneurs, des fendeurs de bois…
Ses figures sont sculpturales, sans aucun détail superflu, les visages, quand ils ne sont pas à contre-jour et donc dépourvus d’individualité, sont marqués par l’expression de l’effort physique.
Il peint une harmonie profonde entre l’homme et la nature où le geste paysan trouve sa vraie signification.

Le peintre est en symbiose avec les êtres qu’il représente.
La gravité, le silence, le labeur qui émanent de ses tableaux sont des valeurs du monde rural.
Millet magnifie l’univers paysan en nous faisant percevoir le dur labeur de ces travailleurs de l’ombre et de la terre…

Millet joue un rôle capital dans l’histoire de la peinture puisqu’il ouvre la voie aux impressionnistes, comme Claude Monet et Camille Pissarro, et surtout Vincent Van Gogh, qui le revendiqua comme modèle et s’en est inspiré dans nombre de ses tableaux.

Pourtant, malgré sa notoriété et son influence, Millet est un artiste moins reconnu que la plupart des impressionnistes dont la gloire a éclipsé la sienne…

Le succès de certains de ses tableaux comme L’angélus l’ont desservi et son œuvre a été réduite à des clichés.

Millet détestait la ville et le monde urbain en général. Il venait à Paris pour voir le Salon, le Louvre et se tenir au courant des grands évènements artistiques.
II préférait vivre à Barbizon dans sa « crapaudière » au milieu de ses neuf enfants qu’il aimait et dont il s’occupait.

Au salon de 1850 Les botteleurs de foin qui décrit la rudesse des travaux des champs, fut l’un de ceux qui valurent à Millet d’être critiqué pour son
« socialisme ».

La vision réaliste de la condition paysanne ou ouvrière effrayait les classes dirigeantes, qui croyaient y voir un encouragement à la révolte.

Si les figures paysannes de Jean-François Millet suscitent l’enthousiasme des républicains, l’artiste se défend d’un quelconque message politique ou idéologique de ses œuvres. Aucune revendication, assure le peintre, qui campe des « types » paysans, toujours anonymes : le semeur, les botteleurs, le vanneur, la glaneuse, la bergère.

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